semaine 43

Défendre le journalisme dans le monde selon Trump

Chemins de traverse par Marcel Leroy, le 31 janvier 2017

Photos et vidéo © Jean-Frédéric Hanssens

Marc de Haan (directeur de BX1), Jean-Jacques Jespers (ULB), Jean Rebuffat (ELL) et Gabrielle Lefèvre (ELL)

Jean Rebuffat

Marc de Haan, Jean-Jacques Jespaers et Jean Rebuffat

Marc de Haan

Jean Rebuffat

Jean-Jacques Jespaers

Marc de Haan

Deux livres de Jean Rebuffat et un débat  "La presse décrédibilisée" à  l’Architecte (Bruxelles).

Rassembler du monde, un dimanche midi, pour parler du journalisme, en s’interrogeant sur la vérité du métier en 2017, dans un monde en plein chaos, qui aurait osé parier que cela marcherait? C’était ce que l’on se disait, en quittant l’auditorium de l’Architecte, place Flagey à Bruxelles, après un tour d’horizon mené en présence de Jean-Jacques Jespers (ULB) et Marc De Haan(directeur de Bx1), devant une septantaine de personnes.

Prétexte de cette réunion, la publication de deux ouvrages signés Jean Rebuffat. Soit un recueil de poésie, “L’Heure du bouclage” et un “Testament journalistique” constitué de chroniques rédigées en 2016. Avec son côté grande gueule à la Gabin et philosophe flâneur à la Prévert – références brillantes, un peu datées, mais on assume...- ,ce vétéran de la presse écrite a rebondi en souplesse sur le Net. D’abord au Soir, où il a terminé sa carrière en lançant la première version du soir.be, et depuis quelques années sur le site entreleslignes.be.

Rebuffat a toujours aimé écrire. Et se balader. Ce qui l’a conduit à devenir journaliste. Il continue à se passionner pour l’actualité, la société, les gens, mais regrette que les journalistes d’aujourd’hui manquent de temps pour se perdre dans les villes et campagnes et d’espace pour nuancer leurs messages. Serait-ce pour ces raisons que les messagers deviennent la cible des critiques? Comme si l’essence même du métier s’évaporait?

Si la crise frappe les médias, la presse écrite encaisse le choc le plus violent. La complémentarité du papier avec les sites internet des publications n’autorise pas encore un équilibre financier. Or, le journalisme est un outil démocratique essentiel, tout en manquant de moyens pour aller au fond des choses, d’où une image qui devient de plus en plus floue. L’information, au sens politique du mot, provient de sources qui se sont multipliées.  Dans la vie quotidienne, grâce aux technologies contemporaines, n’importe qui peut produire de l’information en empruntant des pratiques du journalisme, hélas sans en observer la déontologie.  C’est déjà assez difficile pour les professionnels confrontés à la réalité économique.

Mais la résistance est là. Le Soir et Le Vif viennent de sortir des enquêtes qui permettent aux citoyens de découvrir des pratiques qui dépassent les limites, alertant les élus, qui devraient s’évertuer à améliorer le système. Les médias jouent leur rôle de “quatrième état” ou de “quatrième pouvoir”. Pour Jean-Jacques Jespers, la notion de pouvoir ne colle pas vraiment au journalisme. Il devrait être le contraire du pouvoir. Un état de pensée critique, qui se fonde sur des observations, des sources recoupées. Bref, retour à la base du métier.L’opinion finirait par croire que les journalistes participent au pouvoir. Ce contre quoi tous les journalistes doivent s’insurger en explorant la société. Pour Jean Rebuffat, le contrepouvoir qu’est la presse doit relayer des idées qui sortent des larges avenues de leur temps. Si les médias font ce travail, le public consommateur ne cherche sans doute pas, en majorité, à se fatiguer en piochant des dossiers. Question d’époque, de culture, d’éducation, de manière d’être. Les émissions de divertissement qui mettent en évidence les performances individuelles, au détriment de la solidarité, font passer un message politique actuel. Le repli sur soi, le rejet des faibles. En contrepoint, comme le rappelait Gabrielle Lefèvre, les citoyens peuvent influencer les propriétaires des médias en faisant pression en tant que consommateurs.

Marc De Haan a dit, vers la fin de la rencontre, que l’on a les médias que l’on mérite. D’où l’urgence de se battre.

Bref, le flibustier Rebuffat, avec ses deux bouquins, aura réussi à faire parler du journalisme, au moment où il faut voler au secours d’un métier menacé. Quelle serait encore la liberté des journalistes dans le monde selon Trump?

Voir aussi la vidéo ci-dessous


 

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