semaine 32

Meskerem Mees réincarne la ballade

Chemins de traverse par Marcel Leroy, le 11 décembre 2021

Un soir, au Botanique, Meskerem a chanté et c'était un moment de pure grâce...
Photo Anneke d'Hollander

Sur la scène de l'Orangerie, au Botanique, en ce soir du 5 décembre 2021, Meskerem Mees s'avance d'un pas de danseuse. Des lumières aux reflets de néons surlignent la voix qui se mêle aux notes que la jeune femme cisèle sur sa guitare. La musique d'un violoncelle s'unit à celle de Meskerem et le public perçoit la grâce du moment. Ce sera comme ça pendant plus d'une heure. Elle a les cheveux courts, des vêtements sombres, porte un fin collier doré. S'adresse aux gens comme si elle croisait une amie dans le métro, sans se forcer, avec humour. Espiègle sous la gravité.

De Meskerem je sais qu'elle est née en Ethiopie en 1999 et qu'elle vit en Belgique, en Flandre. Passionnée par la chanson, elle a gagné le Humo's rock Rally. Pourtant elle ne semble pas taillée pour le monde du rock, avec sa poésie de porcelaine. A bien l'écouter, on comprend que ses ballades tiennent du folk-rock. On pense à Tracy Chapman. A Judy Collins. A Emmylou Harris et peut-être même à Joan Baez, quand sa voix grimpe sans vaciller.

De Meskerem l'important est de la voir en scène pour revivre le moment en écoutant son premier disque. Sûr que d'autres suivront. Elle a tellement de talent.

Ecoutez-là...

Ecoutez-là donc comme nous à l'Orangerie. Etrange comme sa voix colle à la manière dont elle joue de la guitare. Les mots et les notes s'agencent ainsi les diverses essences d'une boîte aux souvenirs en bois de tuya polie à Essaouira. Comme dans la ville atlantique, la poésie de Meskerem - elle écrit ses textes et ses partitions- charrie le vacarme des vagues, les songes des nuages, retient des éclats de soleil, des parfums de menthe et d'argan. Sans hâte, la chanteuse, en anglais, raconte  l'histoire de Joe, se compare à une astronaute, rend hommage à Lewis, déclare  "'Where i'm from", à la manière d'une comptine.

C'est que Meskerem vient de  "Far from here, but it's mine". Un peu comme nous tous, dans le grand métissage des peuples et des lieux. Avec cette grâce d'ensorceler parce que sa voix est celle du monde, avec ses soleils et ses lunes. Faut aller l'écouter, Meskerem. Le temps d'un soir, avec elle "far from here", on vit vraiment le moment.  

 

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