semaine 21

Jeunes et vieilles vanités

Pérégrinations par Lucie Van de Walle, le 22 janvier 2022

Au coeur de l'univers Goya. Une intéressante expérience, parmi d'autres©L.VDW

En termes de nombre d’oeuvres de Goya, le Palais des Beaux-Arts de Lille n’est, de toute évidence, pas le Prado. Néanmoins, une idée lumineuse a germé dans l’équipe qui pilote ce PBA, ce qui donne une « Expérience Goya », méritant le déplacement vers cette ville du Nord, du reste assez jolie, en ses anciens quartiers. 

C’est que ce Musée Palais des Beaux-Arts de Lille possède deux toiles de Goya (1746- 1828), plus exactement de  Francisco José de Goya y Lucientes, et non des moindres. Ce sont « Les Jeunes » et  « Les Vieilles », un duo central à cette exposition semée d’indices permettant de saisir le cadre historique de ces tableaux, la technique, l’esprit et la finesse de ces peintures exceptionnelles. Cette intéressante mise en évidence de ce diptyque - qui en fait n’en n’est pas un -  ne laisse en aucun cas oublier toute la démarche « immersive » de cette magnifique « Expérience Goya », la bien nommée. 

Elle commence dans l’Atrium, via un genre de panoramique numérique qui a un côté pellicule des films anciens et conçu aux antipodes de l’esprit racoleur que l’on trouve dans pas mal de propositions (commerciales) analogues. Ainsi peut -on y faire connaissance avec pas mal d’oeuvres du peintre espagnol, avec des précisions particulières sur certaines attitudes et expressions des personnages, des détails de paysages, des ambiances galantes ou horrifiques.  

Dès l’entrée de l’exposition proprement dite, on tombe sur une suite de « Caprices », mêlant sorcellerie et autres ambiances sinistres, suite mise en regard des variantes colorées que Dali a proposé sur le sujet. Vient alors, une fort belle série formée par 80 oeuvres originales, dont une large part de la main de Goya, parmi lesquelles quelques pénétrants autoportraits. Présence aussi de maîtres inspirés par le génie espagnol, comme, outre Dali cité  précédemment, Delacroix, Ensor, Manet, Cartier-Bresson. Enfin, dans cet esprit, on trouve aussi des extraits de films dûs aux réalisateurs Orson Wells, Milos Forman ou Carlos Saura. 

Ailleurs une place est donnée à l’évocation de la « Maison du sourd » -  en 1793 Goya avait perdu l’audition  -  avec les versions numérisées de ses inquiétantes « Peintures Noires ». 

Parmi les mérites de « Expérience Goya » parfaitement cohérente, il y a celui d’être absolument digeste et accessible. On évitera néanmoins la sortie en famille avec enfants, vu le caractère assez terrifiant de certaines oeuvres. 

Expérience Goya : Jusqu’au 14 février,au Palais des Beaux-Arts, place de le République, 59000 Lille. 

Informations : www.pba-lille.fr

  

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