semaine 19

Abécédaire du journalisme, du plomb au web

Par Théophraste ! par G. Lefèvre, le 16 avril 2021

Exactitude, esprit curieux et critique: Théophraste serait-il un modèle pour le journalistes? Sa statue trône dans le jardin botanique de Palerme. Photo © Wikipédia

Les imprimeurs utilisent diverses polices de caractères typographiques, façonnées au fil des siècles et des techniques de fabrication de ces caractères. Voici ceux avec lesquels nous pouvons jouer actuellement lorsque nous utilisons le programme de traitement de texte Word.

« Le divin parleur », voilà ce que signifie Théophraste, nom donné par Aristote à Tyrtamos, né en Grèce vers 371 avant notre ère. Et voilà qui convient fort bien à ce philosophe et rhétoricien qui s’intéressait à beaucoup de choses dont la métaphysique, la botanique, les sciences de la nature, la physique. Fleuron de l’école péripatéticienne, influencé par Aristote et Platon, ce savant analyse les causes de ce qu’il observe avec rigueur et précision. Il exprime sa pensée et ses analyses selon quatre qualités de style : la correction, la clarté, la convenance, l’ornement (le monde ordonné).

Pas étonnant qu’il puisse être considéré comme le « patron » des journalistes. Ni que le réseau francophone des écoles de journalisme ait choisi son nom. Théophraste est aussi le prénom de Renaudot, ce médecin né en 1586 à Loudun en France, protecteur des pauvres, inventeur d’une sorte de bureau de chômage avant la lettre, et un des précurseurs de la presse écrite. Le 30 mai 1631, il publie sa « Gazette », ancêtre de nos journaux imprimés.

390 ans après la Gazette et éclairés par Théophraste, nous vous proposons une chronique partagée de la pratique contemporaine du journalisme depuis les « années du plomb » (1970 et + ) et le passage à l’informatique jusqu’au journalisme web. Ainsi que l’émergence des médias audiovisuels qui ont modifié profondément la relation entre le grand public et l’information journalistique. Chronique partagée car, ces années ont vu l’évolution fulgurante des techniques d’impression, suivies de la numérisation complète de la pratique journalistique en Belgique. Nous convions donc les journalistes mais aussi les différents travailleurs du secteur de l’imprimerie à nous transmettre leurs souvenirs, leurs remarques, leurs corrections. Elles seront ajoutées à la suite de chaque article de notre abécédaire.

Le journalisme est en effet une œuvre commune, partagée avec les publics, en constante transformation et, osons l’affirmer, amélioration !

Merci donc d’envoyer vos remarques, vos précisions et souvenirs sur les sujets évoqués ici à gabriellelefevre@entreleslignes.be

 

A comme absurdité, annonces, archives, angle

Absurdité. L’absurdité est au cœur de ce métier qui témoigne de la vie humaine sous tous ses aspects. Résumons cela ainsi : une information n’est pas qu’un chien morde un homme mais bien que l’homme morde le chien. Et cela s’est vu : un homme s’est emporté contre un chien et lui a cruellement mordu à l’oreille ! Il y a chaque jour, dans les agences de presse, dans de nombreux journaux et magazines, une rubrique consacrée aux petits faits divers absurdes, souvent drôles, cueillis un peu partout dans le monde. Un régal qui mêle la zoologie aux mondanités en passant par les folies les plus diverses propres au genre humain. Et souvent c’est l’homme qui fait la bête !

Annonces. Sans les annonces publicitaires et autres, la presse ne pourrait vivre. Les petites annonces sont la vache à lait de l’imprimé qui, sans cela, coûterait une fortune au lecteur. Elles sont aussi un service au lecteur et un merveilleux miroir de la vie immobilière, travailleuse, et sentimentale de notre société. Elles constituent, avec la publicité, l’aspect commercial de l’imprimé. Et quand il s’agit des annonces nécrologiques, c’est le reflet d’une société face à ses morts, à sa mémoire, à ses drames, ses joies et ses espérances (Lire à ce sujet : « Ces chers disparus », de Gabriel Ringlet, éd. Albin Michel).

Archives

Elles sont le matelas de sécurité des journalistes qui veulent apporter une information la plus complète possible et fiable au public. Dans les grands médias il y a un service documentation qui s’en charge. Mais chaque journaliste prudent conserve à portée de main les dossiers, notes, photographies et infos diverses qu’il ne peut publier mais qui servent de base à ses enquêtes, analyses et commentaires. Les archives sont précieuses, indispensables et pourtant, avec la numérisation, elles ont été éclipsées voire même détruites afin de faire de la place dans les bureaux paysagers sans armoires… Les centres de documentation sont à présent en ligne de même que les encyclopédies. Et pourtant, il semble qu’ils ne soient pas assez consultés par des journalistes trop pressés de diffuser des informations pas toujours bien vérifiées. Par contre, ces archives sont plus facilement accessibles au public curieux … Pour peu qu’il en prenne le temps.

Angle

Cherchez le bon angle de l’info : comment s’attaquer à un sujet ? Comment attirer la curiosité du lecteur, auditeur, téléspectateur ? Par l’angle choisi, le journaliste met en scène l’information, la personnalise, la rend plus humaine ou plus humoristique ou plus pédagogique ou plus polémique. C’est un complexe travail d’écriture des titres et des « chapeaux », de choix d’images ou de dessins, de jeux de caméras et de micros. On raconte l’information tout en restant rigoureux dans sa véracité (du moins en principe !).

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