semaine 21

Vincent Verhaeren : le dernier déclic

Par Théophraste ! par G. Lefèvre, le 19 janvier 2022

Vincent Verhaeren appelant à la libération de Julian Assange, Place de la Monnaie à Bruxelles. Photo © D.R.

Cet ingénieur du son à la RTBF fut de tous les voyages, de tous les reportages dans plus de 110 pays, et pour des émissions telles que le Journal Télévisé, les magazines Neuf Millions, A Suivre, L’Hebdo, Visa pour le Monde, Arts Magazine, Sindbad… Sons et images, de 1966 à 1999, il découvre, explore, vibre avec les gens, avec les histoires les plus tragiques. Ainsi, il accompagnait Josy Dubié pour la dernière interview de Salvador Allende au Chili, juste avant le coup d’été meurtrier commis par le général Pinochet. Il découvre le sort funeste réservé aux Palestiniens dans les camps de réfugiés, à Gaza. Il rencontre Yasser Arafat. Il vibre avec Jacques Brel aux Marquises. Il explore le Congo et sa tragique histoire en rencontrant Laurent-Désiré Kabila. Il s’indigne devant le sort réservé aux réfugiés sahraouis dans les camps abrités par l’Algérie. Ils sont d’ailleurs, avec les Palestiniens, le sujet de sa dernière exposition, en 2022, à la galerie d’exposition qu’il avait créée : « Palestine – Sahara occidental : dernières colonies occupées ».

Vincent Verhaeren ne se contente pas d’être un témoin. Avec son appareil photo, il milite pour les droits de tous ces humains qui souffrent de l’absence de droits. Il nous fait voir le meilleur et le pire de l’humanité, les cultures, les villes, les gens qui accueillent, qui sourient, qui se regardent et se reconnaissent comme des humains.

« En 2013 et 2014, l’exposition « un chemin de traverse » … a montré, durant sept mois, une petite facette de mon travail : pas de personnalités, pas de paysages, pas d’architecture, pas de graphisme, pas d’animaux… mais des enfants, des femmes et des hommes pris dans les injustices de ce monde. », écrit-il sur le site de la Galerie Verhaeren.

Ces dernières années, il avant abandonné son appareil photo qui pesait trop sur ses os abîmés et douloureux.  Il manifestait, encore et toujours, avec une pancarte pour la liberté de Julien Assange, son dernier combat pour la liberté de la presse et le droit du public à être informé.

Vincent Verhaeren a été emporté par le virus qui bouleverse actuellement notre monde qu’il a arpenté et photographié pendant tant d’années. Il nous laisse ce message : « Je me demande parfois si l’être humain n’est pas une erreur de la nature ! Et pourtant, dans l’horreur, il y a parfois le merveilleux : l’amour. Merci d’être passé sur cette planète. Merci d’avoir pu un rien la visiter. »

Ses photographies nous restent, comme un dernier message, un dernier clin d’œil à notre humanité.

https://vincentverhaeren.com/

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