semaine 30

Fêtons le bi-sanguinaire

Pasta par Michel Noirret, le 08 mai 2021

C'était comme ça que le regretté Jean Yanne parlait du bicentenaire de la naissance de Napoléon, qui fut, lui aussi officiellement fêté.
On nous refait le coup avec sa mort au Napoléon 1er du genre et ça aurait pu s’arrêter là ! (franchement, quel prénom à la con ! Même pas catholique ! Faute de trouver un saint à son nom, pour la fête et le gâteau qui va avec, comme pour tous les gentils petits nenfants, Son Ampleur [vive l’ampleur !] décida que ce prénom venait de Saint Néople - vous ne connaissez pas Saint Néople ? Tsss ! Faudra me réciter deux paters de foie et un notre paire de claques -
Même mort, il ne nous lâche pas, Bonaparte.
On a beaucoup parlé de ses victoires militaires. De ses dérouillées aussi et plus encore de la dernière, notamment dans nos contrées. On dit qu’il serait mort d’un ulcère à l’estomac, ce n’est pas sûr.
Perso, je pense qu’il est mort de l’arthrite. Une sale maladie chopée en Russie. L’arthrite de Russie. C’est très mauvais. Il a beaucoup souffert. Ne parlons pas de ses grognards. En tout cas, c’est ce qui a fini par l’emporter, car à partir de là tout part en couilles.
Mais bon. Il y a une pâtée dont on parle peu, celle que prirent les troupes françaises en Haïti.
Notre pétulant enfant des Lumières s’était fait un devoir, en 1801, de rétablir l’esclavage dans ces lieux paradisiaques que la Révolution française avait pourtant débarrassé de cette peste. L’idéal, c’est beau, mais les affaires, c’est mieux.
Le croiriez-vous ? Les Haïtiens firent de la résistance ! Les fous ! gagner contre les généraux de Plonplon qui avaient vaincu et vaincraient tant de puissances ! Folie suicidaire ! Baroud d’honneur !  
Ben non.
A la surprise générale, que dis-je : Maréchale, ils finirent par l’emporter, grâce au général Jean-Jacques Dessalines, un haïtien formé aux meilleures écoles militaires françaises. On est jamais trahi que par les siens !
C’est ainsi qu’Haïti devint le premier pays d’esclaves libérés par eux-mêmes.
C’est assez peu courant. D’habitude, l’émancipation des esclaves ne fut jamais l’œuvre des esclaves eux-mêmes.
Sonnez hautbois, résonnez musettes ! La justice triomphe, les anciens esclaves, devenus hommes libres (si ça existe, à bien y regarder) de couler des jours heureux, enfin respectés dans leur humanité.
Que nenni !
Les nouveaux C.E.O. du pays se comportent depuis cette époque aussi bien que les pires esclavagistes du passé, du moins en ce qui concerne le respect de leurs semblables.
Le pays, depuis plus de deux siècles est mis en coupe réglée par une bande de voyous, haïtiens, bénis de leurs alter ego occidentaux, avides, les uns et les autres, de Pouvoir et de se remplir les fouilles comme il va de pair dans le tiers monde et ailleurs, même si on cache ces mauvaises manières sous des appellations propres sur elles, capables d’émouvoir les âmes sensibles, grâce au savoir-faire des spécialistes en communication, sortis des meilleures Universités occidentales et contribuant à l’accroissement des bénéfices des maffias officielles locales.
Voilà posé le décor.
Le « Groupe Lumière », une association de franc-maçons qui ont décidé de ne plus raser les murs, de cesser de sortir seulement la nuit venue, et, si ça se trouve, de ne plus manger des petits enfants, s’indigne, à juste titre, de la situation actuelle des populations haïtiennes. Cette association essaie d’attirer courtoisement, mais fermement, l’attention du parlement européen sur les exactions commises contre les Haïtiens par des Haïtiens avec le soutien, certes un peu gêné (un moment de honte, on s’habitue vite) de leurs complices issus de pays diablement démocratiques.
Extrait: « Au cours des trois premiers mois de cette année, 117 personnes ont été assassinées, et 142 enlevées. Depuis 2018, les organisations des droits humains ont comptabilisé douze massacres armés, dont le plus meurtrier, celui du quartier populaire de La Saline, en novembre 2018, a fait 71 morts. Aucune action de justice n’a été entreprise et l’impunité règne, nourrissant un cycle de violences… »
Ce n’est qu’un résumé.
Connaissant le courage des institutions face aux diverses ignominies commises sur cette planète (une institution devrait-elle avoir du courage ? Meuh non ! Une institution, ça mange pas de pain) il est à craindre que les doléances soient reçues poliment, ensuite classées avec soin dans le dossier « Affaires urgentes », ce qui permettra d’en secouer la poussière.
Ah, mais ! s’insurgera-t-on dans les chaumières, si on n’intervient pas au prétexte qu’on n’obtiendra pas gain de cause rapidement, alors on laisse la place aux nuisibles qui, eux, n’ont pas ce genre de pessimisme.
-Pessimismem ! Ouille ! Ouille ! Je n’aime pas ce garçon ! dirait monsieur Beulemans.
En réalité, comme les membres du Groupe Lumière n’ont pas l’air tombés de la dernière averse, je pense qu’ils pratiquent le pessimisme à la façon de Guillaume le Taciturne (le seul tyran qui ait fourni une pensée utile à ses semblables) : « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer » .
Surtout si le Monstre en Spaghetti Volant vous touche de son appendice nouilleux.
Ramen.

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