semaine 27

Pendant l’invasion, le réchauffement climatique et les affaires continuent.

Pasta par Michel Noirret, le 02 avril 2022


C’est une bonne affaire. Les empoisonneurs de planète peuvent profiter de nos regards braqués sur l’Ukraine pour continuer à déverser toutes sortes de poisons dans ce qu’ils produisent dans les champs, dans les usines, dans la mer, dans le ciel, bref partout où il est possible de transformer le poison en thune. C’est l’art secret des alchimistes du XXIe siècle. Et même, en prévision des pénuries à venir, fantasmatiques, ou organisées, il est possible d’augmenter les doses. Les prix, aussi, ça va sans dire. Et soyons pudiques sur les faces réjouies des marchands d’armes. La FN va embaucher, c’est sûr ! Ce Poutine, finalement, c’est pas le si mauvais bougre qu’on dit !
Ne parlons pas de la jouissance des distributeurs et fabricants d’énergie qui s’en mettent déjà plein les fouilles ! Et on a encore rien vu ! J’entends déjà Georges-Louis Bouchez-double, le chevalier blanc des classes moyennes :« Bien entendu, il n’est pas question de devenir économes, de restreindre l’énergie nécessaire à la production d’objets inutiles, fabriqués et vendus par nos courageux entrepreneurs. Ah non ! Nous n’allons pas diminuer la capacité de nos poubelles, ni la pollution de nos villes, de nos campagnes, cesser de pourrir d’immeubles lamentables le front de mer de notre charmante côte Belge, à cause de Poutine, ça lui ferait trop plaisir ! Résistons ! Gavons-nous comme si de rien n’était, ça va le faire enrager ! ».  
S’il a besoin de quelqu’un pour lui écrire ses futurs discours, je suis là. Quoique jusqu’à présent je dois humblement reconnaître qu’il se débrouille pas trop mal tout seul. Mais on pourrait faire une sacrée équipe.
Je me pose également la question de savoir si c’est l’arrivée quasi printanière de cette calamiteuse invasion ukrainienne qui provoque l’éclosion d’experts, généralement autoproclamés, en russo-ukrainologie ?
Feignant comme je suis, vous pensez bien que je ne vais pas m’emmerder à poser des questions dont je ne connais pas la réponse : C’est oui !
Encore que cette espèce, l’expert, prolifère en toute saison, suffit que ça chauffe quelque part. Entre autres, l’élévation de la température des relations politiques entre Etats est une condition requise pour l’éclosion de notre petite bête dans le biotope des diseurs de bonne aventure pour média populaires). Mais une simple pandémie peut suffire. On l’a vu et on va le voir encore.
Pour l’heure, c’est la saison des directeurs d’officines plus ou moins barbouzardes*, eux-mêmes plus ou moins ex-espions militaires, nantis de diplômes plus encore que de décorations sur la poitrine d’un ex-général soviétique.  
Avec un passé de planton à l’entrée d’un bâtiment de la DGSE, de la Sûreté de l’Etat, du FSB, de la CIA, du M6, etc. on est un ancien des services de renseignement, donc forcément au courant de ce qu’il se trame à notre insu et que les médias, terrorisés par les pouvoirs les plus divers et les plus secrets (dans le meilleur des cas, sinon aux ordres),  se gardent bien de divulguer, rien que pour nous embêter. Les mêmes médias, héros modernes de l’information, qui ne peuvent pas révéler les informations véritables, n’ont plus d’autre choix que de faire semblant de rien et s’en remettre à ces experts, qui eux révèlent, à tour de langue, grâce à leurs renseignements acquis en écoutant aux portes des cabinets, les informations véritables qu’attendait notre insu. Bien entendu, ils demandent une petite participation aux frais ; ça ne nous regarde pas, faut bien que tout le monde bouffe et tout travail, même pas forcément fatigant, mérite salaire.
Si avec tout ce qu’on entend et lit de nos jours, on n’a toujours pas compris ce qu’il y a dans la tête de Poutine ou de Zelinsky, c’est à vous désespérer d’aller boire un coup au Café du Commerce.

Que le monstre en Spaghetti volant vous touche de son appendice nouilleux
Ramen.
* Par exemple un incertain Eric Denécé, lis-je sur le site de sa petite entreprise, « est habilité à diriger des recherches comme directeur du Centre français de Recherche sur le renseignement* et de la société de conseil en Risk Management », qu’il a lui-même créés. Félicitations pour cette brillante promotion due à son seul mérite de savoir regarder par les trous de serrure et d’en tirer de subtiles analyses.
* Faire du renseignement sur le renseignement, c’est pas à la portée du premier venu.

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