semaine 39

Rentrée... dans le lard

Pasta par Michel Noirret, le 26 août 2022

Faut pas croire que je suis resté à glander sur une chaise longue durant les canicules.
Attentif au progrès de l’humanité comme je le suis, j’ai appris dans Daardaar, sous la plume de Bruno Struys, traduite par Noëlle Michel, qu’en 1960, après l’indépendance du Congo, en Belgique, l’avortement était possible si le père était africain et la mère blanche. L'inverse n'était probablement que péché véniel. Eh oui, d’après les tartuffes catholiques au gouvernement, avec l’accord de l’évêque-en-chef de Belgique, il valait mieux un avortement qu’un enfant mulâtre.
Charmant non ?
Pendant l’avortement d’un enfant métis, Dieu était dans l’impossibilité de régner du haut des cieux, particulièrement en Belgique. On a vu la recette utilisée par après par un roi né d’une copulation entre Blancs du meilleur monde. Comme quoi, quand on est du meilleur monde religieux, tout est possible et on a la garantie de Dieu ; forcément, sinon des choses pareilles ne seraient pas acceptables.
Il est utile de préciser qu’à cette époque l’avortement était sévèrement pourchassé et puni dans tous les pays où les chrétiens, en général, avaient tant soit peu de pouvoir.
Certes, depuis qu’ils ont un nouveau pape, du moins pour la version catho du christianisme, ils se sont un peu calmés. En apparence en tout cas, mais pas partout, on l’a vu, on le voit.
Heureusement, pour l’élévation de nos âmes, il nous reste les sanglants tartuffes de l’islamisme pacifique et tolérant. On a encore pu le vérifier avec la tentative d’assassinat de Salman Rushdie.
Y a eu de l’ambiance religieuse cet été.
Peut-être s’imagine-t-on, ici, que depuis qu’on a mis en cabane les joyeux soldats de Dieu des attentats de Paris et de Bruxelles, on ne reverra plus ce genre d’horreur par chez nous. Il n’y a que les islamophobes enragés, racistes, forcément, à avoir des doutes. Heureusement, ils comptent pour du beurre dans cette période d’apaisement qui s’avérera sûrement propice à de bons résultats électoraux, pourvu qu’on fasse semblant de ne rien voir, de ne rien entendre et de ne rien dire.
Et quoi d’autre à la Rentrée ?
Ben, ça s’arrange pas.
Question climat, par exemple. Que de cris d’orfèvres ! (comme disait l’ineffable Bérurier)
Hé oui ! Le changement climatique, qui n’existait pas, il n’y a pas si longtemps, selon de nombreuses Zélites, est là, avec toutes ses petites conséquences amusantes qui font de grands titres. Sécheresse qui met en danger l’agriculture (et par voie de conséquence, spéculation financière aidant, ce qu’on va pouvoir se mettre ou ne plus se mettre sous la dent). Feux de forêt version film catastrophe, rivières à sec, lacs qui s’évaporent, orages dévastateurs, meurtriers et inondations qui ne le sont pas moins. On n’a jamais vu ça !!! crie-t-on sur tous les tons. Ben quoi, c'est le réchauffement de nos relations avec notre biotope naturel.
Pourtant, depuis les années 70 du siècle passé, notamment grâce à La Gueule Ouverte, (le journal qui prétendait annoncer la fin du monde, tssss !) , René Dumont et d’autres, puis plus tard, Le GIEC, la cata est annoncée sur tous les tons.
Mais bien sûr pour les Z élites bardées de diplômes, sinon de pognon et souvent dans ce cas fidèles larbins des gavés de la Terre, tout ça, c'est des conneries de gauchistes qui veulent nous ramener à l’éclairage à la bougie. (Si mes souvenirs sont bons, Mitterrand lui-même en a proféré une dans ce genre.) Vous pouvez pavoiser les Zélites, vous êtes en voie de réussir où les gauchistes se sont plantés ! L’éclairage à la bougie, c’est pour bientôt ; si pas pour tout le monde, en tout cas pour une bonne partie de la population de l’Occident « riche ».  Et tout ça grâce au prix des matières premières, dilapidées à produire n’importe quoi pour se gaver le compte en banque, objectif du capitalisme. On le sait depuis longtemps, mais on fait comme si on ne voyait pas, que ça ne nous concernait pas.
Et y a pas que la guerre en Ukraine qui fait monter les prix. C'est du caviar béni pour les multinationales.
Entre acheter du pain, rare à cause de la sécheresse, s’éclairer la nuit, se chauffer, va falloir choisir ! Oh bien sûr, ça ne concernera que les pauvres.
Au début.
Eh bien, voyez-vous, ces mêmes « Zélites » sont toujours au pouvoir (Macron par exemple, mais il n’est pas le seul, naturellement). Tous ses semblables ont trempé dans le crime. Et ils continuent imperturbablement à nous expliquer comment, à la faveur de leur savoir acquis dans les hautes écoles où on SAIT TOUT, leur intelligence, leur sens quasi divin de la gestion de la cité, on va s’en sortir. Notamment en s’asseyant sur les accords des multiples « COP ». (Avez-vous remarqué que personne ne parle d’activer ces accords) ? Pas besoin. Chaque Zélite a ses petites recettes géniales de visionnaire politique.

Dans ce domaine, nous avons en Belgique une remarquable Zélite à lui toute seule (eh oui, faut féminiser la syntaxe) : Georges Louis Bouchez-Double. Encore que, tout bien réfléchi, je préfère l’appellation sous laquelle mon honoré confrère, Jean Rebuffat, le nommait dans un papier consacré à la nomination de la nouvelle ministre des Affaires étrangères : GLOUB. Comme Georges LOUis Bouchez. Je pense que GLOUB le situe beaucoup mieux, lui donne réellement vie. En tout cas, c'est la première expression qui me vient à l’esprit lorsque je découvre une de ses magistrales sorties : « Gloub ! Comment est-ce possible ? Il le fait exprès ou c’est naturel ? » Les deux, si ça se trouve ; il est tellement facétieux.
Ainsi, il ne voit pas pourquoi on emmerde les milliardaires et autres gavés du libéralisme à la Gloub, avec leurs vols de jets privés.

D’abord, un jet privé, ça produit moins de CO2 qu’un Boeing. Mais il est vrai qu’on calcule alors les dégâts environnementaux d’un Boeing ou d’un Airbus en divisant par le nombre de passagers qu’il transporte. Encore la pensée collectiviste ! une idée communiste ! Tandis que le calcul des nuisances d’un jet privé ne concerne que le propriétaire de l'appareil. Plus, éventuellement, quelques collaborateurs ou amis admis à fréquenter sa munificence. Ce qui relève du libéralisme considéré comme le droit imprescriptible pour un nanti (commando d’élite de nos économies) à tout saloper à sa guise. Mais ce n’est pas très grave, ils sont si peu nombreux ! Donc, ils polluent moins que toute cette populace qui n’a même pas de quoi se payer un zinc, preuve d’une crasse incompétence à faire tourner le bizness.
Ajoutons que le fonds de commerce du MR d’Alors de Monsieur Gloub est de protéger l’Indépendant des méfaits du collectivisme. Bien entendu, les épicier§s, boucher§s, plombier§s, vidangeu§s, infirmier§s° à domicile, etc., tous de vaillant§s entrepreneu§s, possèdent un jet privé ou aspirent à ce bonheur suprême. Qu’ils soient rassuré§s, Monsieur Gloub et son MR d’Alors veillent sur leurs intérêts.
Et sur le bonheur commun. Car, selon Monsieur Gloub, la grosse connerie politique du siècle, c’est pas le vol de jets privés, c’est la fermeture des centrales nucléaires. Il a contribué en partie à leur sauvegarde. Grâce à lui, elles seront toujours là, même pendant la cata climatique. Elles pourront continuer à produire de l’énergie destinée à la fabrication, dans l’intérêt du commerce, des saloperies toujours aussi nuisibles, et la pub qui va avec. Heureusement, elles seront également utiles à la fabrication de la cire pour les bougies. Monsieur Gloub, sous un aspect sévère, a le souci de l’ouvrier méritant.
On se marre bien à la Rentrée.

Que le Monstre en Spaghetti Volant vous touche de son appendice nouilleux.
Ramen.

° Pour ceux qui ont oublié : le signe § en pastafarisme signifie féminin et masculin ensemble.

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