semaine 27

Tous aux abris

Pasta par Michel Noirret, le 04 mars 2022

© Wich

Voilà 77 ans que l’Europe manquait d’un dictateur paranoïaque et soucieux d’agrandir ce qu’il considère comme SON pays, aux dimensions de sa mégalomanie.
Je sors pas de là : un mec (jusqu’à présent, c'est surtout des mecs, mais ça peut changer) qui s’accroche au pouvoir durant tant d’années et qui n’a pas l’intention de le lâcher, souffre d’une solide constipation dans les boyaux de sa tête, comme disait Cavanna. Le problème, c’est que ça finit généralement en chiasse et ça éclabousse méchamment.
Faut dire que ce pauvre garçon était mal entouré.
Par l’OTAN, par exemple.
Il n’est pas très difficile de comprendre, à la lueur historique, voire préhistorique la duplicité dont est capable l’humanité, que le propriétaire du Kremlin n’aimait pas se sentir environné par une alliance se disant uniquement défensive, mais qui tout de même intervenait, selon ses intérêts géopolitiques du moment en Afghanistan, en Libye et autres contrées exotiques (L'Irak, les États-Unis ont fait ça presque tout seuls) qui n’avaient guère les moyens de la menacer sérieusement. Oui, c’est ce que dit aussi le PTB. Je ne suis pas un adepte de son idéologie crypto-stalinienne, d’autres diront maoïste, mais reconnaissons là une certaine lucidité ! Ces pays, où l’OTAN pilotée par les USA est intervenue, je n’irais pas jusqu’à dire qu’ils étaient inoffensifs. Ils fournissaient souvent le gite, le couvert et les explosifs à des terroristes barbus, quand ils ne leur passaient pas directement commande, voire faisaient eux-mêmes le boulot. Mais les attentats perpétrés par ces multiples organisations malfaisantes, si elles ont effectivement terrorisé les populations, n’ont pas eu de conséquences significatives, ni beaucoup terrorisé notre aimable capitalisme qui en a vu d’autres et sait rester calme pendant la dévastation. Il n'en reste pas moins que la destruction des tours de Manhattan n’a pas mis les États-Unis à genoux, pas plus que les attentats au Bataclan et dans les rues parisiennes n’ont mis la France en ruine.
Au plan affectif, c’était abominable, mais sans grandes incidences stratégiques.
— Remets-nous ça Maurice. Ton p’tit blanc, là, je sais pas d’où il vient, mais il clape bien sous la langue !

Pendant ces tragiques événements...
Les faux-culs n’en perdent pas une miette pour se rendre intéressants. Ils font montre de leur profonde solidarité avec les migrants, pourvu qu’ils soient blancs et européens. Les autres, naturellement, peuvent crever aux frontières, c’est pas des gens comme nous et on ne peut pas accueillir toute la misère du monde.
Seulement l’Ukrainienne.
Non que je désapprouve les Ukrainiens et Ukrainiennes qui n’ont aucune envie de mourir sous les obus et les bombes russes, faire la morale c’est pas mon genre. Sammy Mahdi, secrétaire d’État à l’asile et à l’immigration, non plus. Il se révèle enfin ! On l’avait très mal compris. C’était en réalité un grand ami des migrants qui cachait bien son jeu, n’attendant qu’une situation propice pour déployer toute l’étendue de sa compassion envers le malheur humain. Pauvre Sammy ! Que de mal on lui a fait ! On a sali méchamment sa réputation d’humaniste sincère. Pourvu que cette humanité dont il partage la souffrance ne soit pas africaine, moyen-orientale, asiatique, etc., fuyant les guerres, les tyrannies ou la faim et même les trois à la fois. Ben oui, faut comprendre... Le grand remplacement, c’est eux. Aujourd’hui, même le patronat se réjouit haut et fort de la venue de cette main-d’œuvre européenne qui nous fait cruellement défaut. Les Ukrainiens, c’est des vrais bosseurs, ils auront les mêmes salaires que les travailleurs belges, promis, juré; ces gens c’est autre chose que tous ces moricaux qui depuis des années s’obstinent à vouloir manger notre pain.
— Quoi Zemmour ! Quoi Zemmour ? Comme si au CD&V on pouvait avoir la moindre ressemblance avec ça !
A l’heure où je mets sous presse, les infos montrent que ça se confirme aux frontières polonaises et autres : pas de bougnoules chez nous !
Et viva l’Europe et ses valeurs !

Dans un genre moins tragique,
    L’emploi à contresens de certaines expressions fait ricaner les malveillants dans mon genre.
Le 27/02 au journal parlé de 13 heures de la RTBF, une journaliste évoquant les difficultés des Ukrainiens fuyant les combats, à plusieurs reprises parlait d’un véritable parcours du combattant.
Bon, c’était peut-être l’émotion, mais en l’occurrence, il s’agissait plutôt du parcours du non-combattant. Ça faisait un peu à côté de l’obus pour ceux qui vont vraiment au casse-pipe.

Et maintenant, rions un peu.
Daardaar, pour ceux qui ne connaissent pas, est un journal en ligne qui donne en français des nouvelles de la Flandre. (Et, comme nous, vit du bon vouloir de ses lecteurs, ce qui lui confère une indépendance certaine.)
Cette semaine, Noël Slangen pose une question à propos des harassantes fonctions de l’amer Michel :
« Verrait-on la différence si on remplaçait Charles Michel par un autre politique, pris au hasard, ou par une patate ? »
 Tsssss ! Y a des gens qui ne respectent rien !

Et pour finir, une nouvelle fracassante :
Avant que le spectacle de la guerre en Ukraine, peut-être bientôt généralisée en Europe et en direct sur nos écrans, commence à lasser le public, Stromae, ténor mondain à ce que j’ai cru comprendre, vient, fort à propos, de sortir un nouveau disque après avoir failli se suicider, nous dit-on. Voilà qui donne d’autres perspectives à mon existence, moi qui me fais du souci pour rien. Plutôt que de consacrer du temps (pris sur la pub ! Vous imaginez ! Où s’arrêteront-ils ?) à démêler tenants et aboutissants dans les déclarations des deux bords guerriers qui détiennent actuellement la vedette, la presse sérieuse le met utilement à profit sur ses antennes, ses écrans et ses papiers avec des infos qui en valent vraiment la peine.
C’est autre chose qu’en Poutinie.

Que le monstre en Spaghetti Volant vous touche de son appendice nouilleux.
Ramen

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