semaine 21

Vingt dieux l'beau batieau!

Pasta par Michel Noirret, le 27 novembre 2021

Il appartient à ce qu’on appelle des « hommes d’affaires ».
Qu’est-ce qu’un homme d’affaires ? On se perd en conjectures. Sauf quelquefois, quand on le met en prison.Et de quelles affaires? On ne sait pas non plus tellement le domaine est vaste. Et vaut mieux ne pas mettre son nez là-dedans. D’ailleurs la loi l’interdit, les affaires, c’est les affaires, et les fouille-merdes n’ont qu’à bien se tenir. Mais le terme est suffisamment vague et les pratiques tellement opaques qu’il amène les mauvais esprits, qui voient le mal partout, à penser à de « drôles d’affaires ».
« On l’appelait le dénicheur
Il était rusé comme une fouine
C’était un gars qu’avait du coeur
Et qui savait dénicher des combines
Il vivait comme un grand seigneur
Et quand on voyait sa dame
On chantait sur tou-out’s les ga-a-ammeus
Voilà la femme à Dénicheur. »...
Georgette Plana, ça vous dit quelque chose?
Non ? Vous auriez dû venir à la fête du onzième anniversaire de votre journal en ligne préféré, le 11 novembre dernier, Zidani vous aurait tout expliqué.


La Libre Belgique, citant Le Soir de je ne sais plus quel jour (les dates, ça change tout le temps, je m’y retrouve plus) nous apprend que ce gentil rafiot appartient à messieurs Wan et Piedboeuf, « hommes d’affaires » belges.
« Le yacht dispose de neuf suites luxueuses et le pont arrière a été conçu à l’origine pour transporter un hydravion à turbopropulseurs Maule. Il a été construit par le constructeur naval allemand Blohm & Voss et conçu par Martin Francis.[ ] Enigma est propulsé par deux moteurs diesel Deutz AG BV 6M6 produisant chacun 5 000 chevaux et une turbine à gaz GE LM 600 produisant 500 chevaux.[ ] Chaque moteur entraîne son propre entraînement à jet d’eau. En raison de la quantité de carburant consommée lors de l’utilisation du moteur à turbine pour une croisière à pleine vitesse, le propriétaire a également commandé un camion-citerne pour fournir des capacités de ravitaillement à mi-parcours.[ ] », nous apprend Wikipédia.
On vient de découvrir que ce modeste P.C. (Promène Couillons, en termes de marine) a été rénové avec des fonds publics congolais, lesquels sont généralement la propriété privée de Kabila, et dont Tchisekedi, son challenger, se verrait bien propriétaire à son tour disent les mauvaises langues et les rumeurs sans fondement.
Mais bon, sûrement qu’il s’agissait de récompenser les mérites et les services rendus par Wan et Piedboeuf. Peut-être aussi de pure philanthropie. Il faut savoir encourager les amis qui créent de l’emploi en ces temps difficiles. C’est vrai quoi ! c’est du boulot pour un équipage, ça ! c’est pas les « hommes d’affaires » qui doivent mettre les mains dans le cambouis. Pas dans çui-là en tout cas.
La remise à neuf du bateau a couté 794000 dollars aux Congolais. Ils se sont, à raison, débarrassés des méfaits de la colonisation, ils ont maintenant leurs malfaiteurs à eux pour leur faire les poches. C’est un progrès.
Notez qu’ils ne sont pas les seuls et que ça s’est déjà vu dans le passé. La Révolution française qui a fait passer le pleu-pleu franchouillard de l’arbitraire monarchiste à la trique de la bourgeoisie propriétaire des manufactures en plein essor, ne parlons pas de la révolution russe qu’on ne félicitera jamais assez de s’être débarrassée de son tsar, mais le remplacer par Staline, c’était pas l’idée du siècle, les Allemands qui en avait assez de l’inflation de la République de Weimar, qui l'ont remplacée par le Deutch Mark solide et respecté d’Adolphe Hitler, etc., etc.
Prolétaires de tous pays, méfiez-vous des révolutionnaires. De purge en purge (ils sont tous plus révolutionnaires les uns que les autres, on peut donc pas les garder tous) il y en a toujours un qui survit.
– Merci Onc’ Michel pour ces judicieux conseils. Qu’est-ce qu’on fait à présent?
- J’en sais rien. J’ai arrêté de me prendre pour un révolutionnaire. Vous n’imaginez pas à quoi vous avez échappé ! Et puis, c’est pas parce que la solution d’un problème nous échappe que le problème n’existe pas.


Revenons à notre barcasse de luxe. On voit tout de suite sur les photos que c’est pas le genre de rafiot qui coule dans la Manche entre Calais et l’Angleterre avec plein de migrants à bord.
Comme on peut pas accueillir toute la misère du monde, il vaut mieux la laisser se noyer en canot pneumatique. Puis venir sur les plages verser des larmes de crocodile à l’usage des infos télévisées. Et rouler des mécaniques contre les réseaux de passeurs.
Les réseaux de passeurs, c’est vous, tartuffes ! La misère du monde, elle se retrouve au fond de la Manche grâce à des types comme Kabila, Wan, Piedboeuf et leurs semblables qui la créent la misère du monde, avec votre complicité, si pas votre respect.
Et voilà pourquoi elle débarque chez nous, la misère du monde.
Quel culot ! On l’a déjà dit sur tous les tons : on n’a pas la place.
Par contre, les palais, les palaces et autres petites masures mobiles ou non, peuvent facilement contenir tous les « hommes d’affaires » du monde, ça ne crée pas le moindre problème et on n’a pas peur que Wan, Piedboeuf, Kabila et leurs co-affairistes violent nos femmes, réduisent au chômage nos ouvriers, nous vendent de la drogue, répandent des maladies et des religions peu crédibles, toutes vilénies véhiculées par la misère du monde,Sami Mahdi vous le confirmera.
Les « hommes d’affaires », vous le savez déjà, ne résident pas tous en Belgique ou au Congo. Tous les pays ont les leurs ! Et ils remercient la COP 26 de n’avoir surtout pas oublié de penser à l’avenir des affaires des « hommes d’affaires » en refusant, parmi d'autres décisions pertinentes, d’aider les pays pauvres à lutter contre le réchauffement climatique. Ce qui aura, entre autres conséquences, de pousser encore plus la misère du monde au fond des mers.
Faut bien qu’elle aille quelque part.
Que le Monstre en Spaghetti Volant vous touche de son appendice nouilleux.
Ramen.

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