semaine 30

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Une édition originale par Thierry Robberecht, le 28 février 2021

Dessin de Serge Goldwicht

La crise sanitaire avait déjà rogné les libertés mais depuis que le Vlaams Belang est arrivé au pouvoir avec l’aide de l’association « Schild en vrienden », son bras armé qui sécurise le pays en arrêtant les contestataires, les étrangers, les juifs et les opposants au nouveau régime, la situation empire. L’extrême droite est déjà au pouvoir en Russie, en Chine, en Birmanie. Elle l’était aux Etats- Unis jusqu’il y a peu. Pourquoi pas en Europe occidentale comme dans le passé ? Depuis la mise en place de la dictature protégée par la milice armée, les rues sont de plus en plus étroites et les façades se referment sur les passants. Moins de liberté, moins de circulation des gens et des idées, finie la liberté de penser. La ville se referme sur cet homme et sur toute la population comme un labyrinthe étouffant.

Dans cette ruelle, l’homme n’ose plus bouger. Marcher sur les grands axes, c’est prendre le risque d’être repéré par la milice du « Schild en vrienden ». Ses papiers risquent de ne pas être en règle puisque son flamand est déplorable. Rester immobile et à l’abri dans la ruelle est la bonne solution. Le problème, c’est que les extrémistes flamands musèlent la presse et contrôlent Internet. Du coup, la ruelle se ferme encore plus. La maison qui lui fait face se rapproche de lui. Cinq centimètres, quatre, trois , deux... A présent, elle comprime sa poitrine et son visage. Il n’est déjà plus capable de respirer et les murs se referment encore. La souffrance est intolérable. Sa cage thoracique est comprimée, ses côtes se brisent l’une après l’autre. Crac, crac, crac. La douleur lui fait perdre connaissance. Une bonne chose parce qu’à présent, les murs de la dictature s’attaquent à sa boîte crânienne. Finies les idées et la mémoire, terminée la réflexion. Pendant qu’il crève entre les murs, on entend les pas militaires de la milice qui défilent sur les trottoirs et contrôlent les passants. Mais le temps passe et la liberté finit toujours par remporter la victoire. Des révoltes éclatent un peu partout dans le pays, des combats intenses qui font des morts parmi les rebelles et les miliciens.

Sous la pression des démocrates flamands choqués par les combats , le Vlaams Belang relâche la pression sur la population et dissout « Schild en vrienden ». Avec le retour d’une certaine liberté, les murs s’entrouvrent et laissent apparaître les stigmates de la dictature : des images de citoyens en résistance, le poing levé, pétrifiés dans la brique comme des fossiles. Des traces d’amoureux et de familles reproduites là pour toujours comme des graffitis et des affiches vantant la liberté comme les peintures murales de Banksy et de Diego Rivera.

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