semaine 40

Israël tue sans cesse en Palestine

Zooms curieux par Gabrielle Lefèvre, le 13 mai 2022

La « Une » du journal Haaretz, il y a un an : « 67 enfants ont été tués à Gaza ; c’est le prix de la guerre ».

La journaliste Shireen Abu Akleh abattue par un soldat israélien à Jenine. Photo © Al Jazeera

Jérusalem se situe à 3.300 km de Bruxelles à vol d’oiseau. Kiev à 1.836 km et Moscou à 2.253 km. Près de chez nous, donc. En Palestine occupée par Israël, on tue des journalistes, on abat des enfants, les soldats ont la permission de tirer dans le dos de jeunes qui oseraient leur lancer des pierres, on détruit des maisons, des immeubles, des hôpitaux, des écoles, des adductions d’eau… Une sauvagerie meurtrière que l’on constate dans toutes les guerres de l’histoire et à présent de la part des Russes en Ukraine, d’Ukrainiens d’extrême-droite dans le Donbass, des Arabes au Yémen, des Israéliens en Palestine…

Tous les regards sont tournés vers Kiev et Moscou situés sur notre continent européen. Les condamnations et sanctions se multiplient – à juste titre – car cette guerre est inacceptable et viole les règles du droit international.  Mais où sont nos représentants politiques, pourquoi se taisent nos instances européennes quand il s’agit d’empêcher, de punir les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité que sont les assassinats de civils, les déportations de milliers d’habitants de Cisjordanie au profit de colons israéliens, dans ce pays qui mène une impitoyable politique d’apartheid depuis des décennies ?

Les gouvernements israéliens bénéficient d’une incroyable impunité alors qu’ils se sont rendus coupables de tous ces crimes : depuis 1948, environ 80% des 1.200.000 Palestiniens furent expulsés de leurs terres ; plus de 600 villes et villages furent détruits ou repeuplés par des Israéliens juifs. On appelle cela un nettoyage ethnique, reconnu par le droit international et par l’Histoire. C’est irréfutable mais cela n’a pas empêché nos gouvernements de considérer ce pays comme démocratique, comme interlocuteur valable, sans doute parce qu’il se prétend notre bouclier contre les dangereuses hordes arabes, les intégrismes islamistes et comme défenseur d’un monde occidental prétendument libre en brandissant sa puissance nucléaire.

Il y a un an, le journal israélien Haaretz publiait les photos de 67 enfants palestiniens tués par l’armée d’occupation israélienne pendant 11 jours de frappes contre Gaza.

Ce week-end, sera commémorée la Nakba (la catastrophe) palestinienne survenue il y a 74 ans et qui se poursuit encore aujourd’hui. Car, le 4 mai 2022, la cour suprême israélienne a validé l’expulsion de plus de 1200 Palestiniens de Masafer Yatta, une région comprenant 8 villages au sud d’Hébron. Ce 11 mai, la journaliste Shireen Abu Akleh, de la chaîne quatarie Al-Jazeera a été abattue d’une balle dans la tête par un soldat israélien lors d’une opération armée dans le camp de réfugiés de Jénine. Elle arborait les insignes de presse, bien visibles, aucune confusion n’était possible. Selon les témoignages des autres journalistes présents, elle était visée pour qu’elle ne puisse témoigner de cette opération armée contre des réfugiés. La Fédération internationale des Journalistes s’est donc engagée à porter le cas devant la Cour Pénale Internationale afin qu’elle se prononce sur le « ciblage systématique des journalistes palestiniens » : au moins 46 journalistes ont été abattus par l’armée israélienne depuis l’an 2000. Il y a un an, l’armée a bombardé des bâtiments abritant des médias de presse, tuant ainsi deux journalistes et en blessant une centaine.

Gaza, ville martyre car sans cesse bombardée, toutes les infrastructures sont détruites, l’approvisionnement en eau, en électricité est rendu extrêmement difficile et la population meurt à petit feu sans possibilité de s’enfuir. Est-ce pour cela que notre ministre de la Coopération Meryame Kitir a été interdite d’entrée à Gaza ce 11 mai ? Elle « souhaitait découvrir un projet d'assainissement des déchets auquel la Belgique participe via le programme de développement des Nations Unies. », précise l’agence Belga. Apparemment, le gouvernement israélien ne veut pas que le monde constate les crimes qu’il commet contre cette population prisonnière. Et ne veut surtout pas rembourser les dommages immenses causés à la population palestinienne, ni les dégâts causés aux bâtiments et infrastructures payés par la coopération au développement et les instances internationales.

Après ce grave incident diplomatique, on espère que la Belgique va enfin réagir par de véritables sanctions contre Israël. Il s’agit ainsi de démontrer que le droit international doit être respecté par tous, qu’ils soient Russes, Ukrainiens, Américains, Israéliens, etc., partout dans le monde, de la même façon. Sinon qui peut encore y croire ? Il s’agit surtout d’empêcher toutes les guerres car aucune n’est juste. Elles véhiculent toutes leur cortège d’horreurs, d’inhumanité. Elles incarnent la faillite d’un système civilisé de diplomatie, d’échanges internationaux, d’arbitrages mondiaux basés sur le respect des droits humains et des droits des peuples.

https://www.aa.com.tr/fr/monde/un-journal-isra%C3%A9lien-publie-des-photos-de-67-enfants-palestiniens-tu%C3%A9s-par-isra%C3%ABl/2256004

https://www.ifj.org/media-centre/news/detail/category/press-releases/article/palestine-icc-case-filed-over-systematic-targeting-of-palestinian-journalists.html

Nakba. 74 ans. Apartheid.

En témoignage de solidarité avec le peuple palestinien aura lieu ce dimanche 15 mai une manifestation Place de la Monnaie, de 15 h à 19 h.

 Au programme :
Interventions de partenaires palestiniens : Manal Shqair, Land Defense Coalition (LDC), Stop the Wall, Hamza Sarraj, Yplus PalVision, mais également Pierre Galand, président de l'ABP, des représentants de ViaVelo Palestina et nos partenaires associatifs.
Concerts : Rythme des Fourmis et Jaune Toujours - Danse : Watan Dabke . Stand et animations

Organisé par l’Association Belgo-Palestinienne : https://www.association-belgo-palestinienne.be/

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