semaine 32

Que faire de toutes ces armes ?

Zooms curieux par Gabrielle Lefèvre, le 25 juin 2022

Les Etats-Unis nous imposent le triste exemple d’une civilisation hyper militarisée et des citoyens sur-armés et de milliers de morts tués par ces mêmes armes devenues symbole de liberté individuelle. Liberté de mourir abattus dans des écoles ou au coin de la rue. Liberté qui détruit la citoyenneté.

La logique du plus fort, la logique des armes nous est imposée par la menace, celle qu’on nous invente, celle que l’on amplifie et dont on nous persuade à coup de propagandes grossières ou subtiles.

Le sommet de l’OTAN qui s’ouvrira à Madrid dans quelques heures est important. On y verra le triomphe de cette logique de guerre ou l’avènement d’une logique de paix. Voici quelques réflexions de « penseurs » de la paix, de la diplomatie, de la sauvegarde des vies humaines et du meilleur de notre civilisation.  

La double pensée selon Chomsky

Sur le site Investigaction.net, vous trouverez une longue interview de Noam Chomsky, cet intellectuel américain grand pourfendeur des pensées et actes d’extrême-droite, impérialistes, néo-colonisateurs et liberticides qui sévissent un peu partout dans le monde. Il fustige cette militarisation croissante des relations internationales :

 « Je viens d’avoir une longue interview en Suède sur leurs projets d’adhésion à l’OTAN. J’ai fait remarquer que les dirigeants suédois nourrissent deux idées contradictoires. » (…) La première consiste à se réjouir du fait que la Russie a prouvé qu’elle était un tigre de papier incapable de conquérir des villes situées à quelques kilomètres de sa frontière et défendues par une armée essentiellement composée de citoyens. Donc, ils sont complètement incompétents sur le plan militaire. L’autre idée est qu’ils sont prêts à conquérir l’Occident et à nous détruire.

George Orwell avait un nom pour ça. Il appelait ça la double pensée, la capacité d’avoir deux idées contradictoires dans son esprit et de les croire toutes les deux. Orwell pensait à tort que c’était quelque chose que l’on ne pouvait trouver que dans l’État ultra-totalitaire dont il faisait la satire dans « 1984 ». Il avait tort. C’est possible dans les sociétés démocratiques libres. Nous en voyons un exemple dramatique en ce moment même[GL1] . ».

https://www.investigaction.net/fr/noam-chomsky-en-ukraine-la-diplomatie-a-ete-mise-de-cote/

Pour un compromis de paix

Dans un numéro spécial du « 1 » titré « Pour la paix » par Edgar Morin, ce mercredi 15 juin, on peut lire ceci : « Il faut un vaincu en déroute totale pour qu’il y ait une paix de capitulation, comme ce fut le cas en France en 1871 puis en 1940, sinon se conclut une paix de compromis qui s’établit selon le rapport des forces et les subtilités de la diplomatie. » Concernant la guerre de la Russie en Ukraine, Edgar Morin constate que le rapport des forces est à peu près égal « du fait de la difficulté des Russes à tenir tout le Donbass. » (…) « Un compromis de paix est donc possible, en dépit des criminalisations réciproques et des haines exaspérées qui tendent à l’empêcher. Le compromis suppose l’indépendance de l’Ukraine qui est absolument indispensable mais indépendance ne signifie pas nécessairement intégrité du territoire. » Et le penseur d’évoquer un statut de république indépendante pour le Donbass, soit une intégration à la Russie. Rappelons que le statut d’autonomie du Donbass avait été proposé par la Russie mais refusé par le président ukrainien conseillé par les Etats-Unis. Ce qui a provoqué l’entrée en guerre –inacceptables évidemment – de la Russie.

https://le1hebdo.fr/journal/numero-special/401-1/pour-la-paix.html

Sécurité partagée

En Belgique, une lettre ouverte au Premier ministre Alexander De Croo circule, signée par des syndicalistes, des représentants d’associations diverses militant pour la paix et le développement. Voici un extrait :

« Avec d’autres pays européens, notre pays peut prendre la tête d’une initiative diplomatique visant à ramener les parties belligérantes à la table des négociations. Nous savons que c’est difficile et que la méfiance à l’égard du Kremlin est grande. Cependant, nous constatons que le front diplomatique est très calme et que toutes les pistes n’ont pas été explorées. Par exemple, les négociations bloquées entre Kiev et Moscou pourraient être prolongées de manière intensive entre Bruxelles et Moscou. L’Europe doit jouer un rôle beaucoup plus actif et prépondérant dans ce domaine et se distancier de l’approche militariste vers laquelle elle se dirige – il s’agit de volonté politique. Le rôle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ne devrait-il pas aussi être renforcé ?

Lorsque les armes se tairont – bientôt, espérons-le – il faudra investir dans de meilleures relations avec les superpuissances que l’OTAN appelle aujourd’hui des « rivaux systémiques ». La coopération et le rétablissement de la confiance mutuelle sont nécessaires. Comme l’a écrit l’ancien Premier ministre suédois Olof Palme au début des années 1980, à la fin de la guerre froide, « notre alternative est la sécurité partagée ». Un tel système de sécurité commune est nécessaire pour éviter que les armements ne deviennent incontrôlables. À long terme, de meilleures relations mutuelles sont absolument nécessaires pour faire face conjointement aux principales menaces planétaires : les armes nucléaires, le changement climatique et les inégalités sociales grandissantes. C’est le cap que doit se fixer notre pays, la Belgique. »

http://www.cnapd.be/lettre-ouverte-premier-ministre/

Sauver le monde

Parmi les signataires, Pierre Galand, initiateur des grandes manifestations anti-missiles des années 80 et pacifiste militant nous dit :

« À la veille du sommet de l'Otan, il est urgent de rappeler le dernier rapport du SIPRI qui nous alerte sur la relance de la course aux armements, y compris une hausse de 9% de l'armement nucléaire. Exigeons, comme le propose le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, que chaque pays se fixe comme objectif, à l'inverse des recommandations de l'OTAN imposant aux pays membres une augmentation de 2%, de couper ses budgets militaires de 10% pour faire face à la crise climatique et ses conséquences déjà dramatiques pour plus de 1.8 milliard d'êtres humains. »

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