semaine 42
Portrait de André Yoka Lye
Confidences du chauffeur du Ministre

Bientôt, Journée Internationale de l’Homme-mâle ?

Le 13 mars 2021

Après le festoiement autour de la Journée des Femmes, le 8 mars, mon ex-futur-ministre qui, sans doute  à cause  de l’oisiveté, a retrouvé une inspiration revigorée et les beaux mots qu’il affectionne, a sorti cette dernière trouvaille : « 8 mars : Journée de la Femme. Après-8 mars : retour à la … Norme mâle (normale) ». Bien évidemment, sauf respect à Son Excellence, je ne partage pas tout à fait ce calembour décalé. Mes copains ambianceurs et cuiteurs du quartier, me considèrent d’ailleurs comme une espèce (en extinction) de militant … féministe. Ils s’appuient, je crois, sur mes propensions à la galanterie naturelle et légendaire. Mais est-ce suffisant pour être « militant féministe » ?

… En attendant, après le 8 mars, et profitant des consultations ouvertes par la primature en vue de la constitution du gouvernement, un groupe de jeunes gens   recrutés, parait-il, dans les communes marginalisées de la capitale, et se réclamant « militants masculinistes » ( !), a sollicité une audience auprès du Premier ministre. Ce dernier les a aiguillonnés vers notre ex-futur-ministre des Affaires Stratégiques et Tactiques.  Embarras de notre ex-futur ministre, étant donné sa position actuelle de mandataire d’Etat provisoire, transitoire, voire illusoire...

Mon ex-futur- ministre m’a néanmoins demandé d’infiltrer ce groupe quelque peu subversif d’ « activistes masculinistes » pour savoir l’arrière-pensée de sa  démarche.

Renseignements pris, les jeunes gens, contrairement aux rumeurs distillées par les réseaux sociaux sur eux, ne sollicitaient aucun poste ministériel. Leur position ? « Nous sommes des chômeurs et des autodidactes ; nous n’avons aucun « piston », nous n’avons aucune chance ». Et leur « agenda caché » ?  Agenda  sous  forme de   pétitions : primo, « supprimer les quotas féministes au seul nom de la méritocratie » ; secundo, « identifier  sans hypocrisie la liste voilée des violences faites à l’homme-mâle : avec ces tenues vestimentaires féminines de plus en plus dévoyées, dévoilées ; avec un discours médiatique et musical du niveau des caniveaux et du porno » ; tertio,  « pas de candidature de ministres, mais des candidatures à l’embauche en masse au « libanga-propre », c’est-à- dire au « boulot décent » ; quarto, « une nouvelle clause du Code de la Famille pour une répartition équitable et partagée des frais de la dot par les deux familles du couple des fiancés »…

J’ai fini par faire discrètement rapport à mon ex-futur- ministre qui a accepté de recevoir en audience une délégation de ces « masculinistes ».

… A la grande surprise du ministre, figuraient dans la délégation reçue en audience, deux personnages insolites : un jeune homme à l’œil poché et bandé, bras en bandoulière ; et un autre affublé d’une blouse et d’une jupe tout à fait féminines. Ces jeunes gens ont dû résister à la censure protocolaire avant d’accéder au bureau ministériel. C’est en effet parce qu’ils ont convaincu le protocole de leur état chronique de victimes de « violences faites à l’homme-mâle » que le ministre les a reçus et a promis, sans doute par solidarité, de proposer à la primature une « Journée Nationale et Internationale de l’Homme-mâle ».

 

Image: 
Homme mâle? Ben voyons... Photo © Véronique Vercheval

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