semaine 19
Portrait de Pierre Galand
Pierre Galand

Oxfam, une ONG respectable

Le 13 février 2018

J’ai rejoint Oxfam en Belgique en 1967. A l’époque l’Inde sortait d’une famine meurtrière, c’était la guerre en Indochine, en Afrique australe sévissaient les guerres coloniales portugaises, l’apartheid régnait en Afrique du Sud, les Palestiniens étaient laissés pour compte.

Oxfam, créé à Oxford en 1942, portait assistance aux victimes de la 2ème guerre mondiale, notamment en Grèce et se portait au secours des réfugiés dans le monde.

Durant près de 30 ans, j’ai participé au travail remarquable de cette ONG, toujours à l’avant-garde des mobilisations pour un monde plus juste à l’égard des plus démunis : un monde générateur du commerce équitable,  un monde de paix en plaidant pour le désarmement en faveur du développement. Car la solidarité est un moyen essentiel pour l’émancipation des peuples, pour leurs droits à disposer d’eux-mêmes et l’accès à leurs ressources naturelles.

Cet Oxfam-là, j’en suis fier. C’est ce même Oxfam qui, aujourd’hui, ose critiquer et dénoncer ceux qui s’approprient indument les richesses qui devraient assurer à tous les êtres humains le minimum vital et la dignité. Oxfam fait ce travail au nom de tous ceux et celles avec lesquels l’ONG coopère de par le monde.

Que certains, engagés par Oxfam pour secourir les victimes du tremblement de terre en Haïti en 2011 aient eu des comportements pour le moins critiquables dans le cadre de leur mission, c’est regrettable et inacceptable.

Oxfam est une organisation humanitaire entreprise par des gens le plus souvent bénévoles et cela mérite un grand respect même si, comme ce fut le cas en Haïti, certains de ses employés, par leur comportement indigne, ont manqué aux règles de leur mission. Et cela, c’est inacceptable d’autant que le rapport du plus fort au plus faible comporte plus d’obligation de respect de la dignité humaine.

Ils ont entaché la respectabilité de l’ONG, soit, mais cela ne peut diminuer l’immense mérite d’une association qui, en 78 ans, a travaillé pour améliorer le sort des populations les plus démunies de notre planète.

Certes, s’il appartient aux bailleurs de fonds de contrôler le bon usage de leur contribution, menacer de retirer à Oxfam les fonds publics de soutien à la lutte contre le sous-développement et à l’aide d’urgence, c’est se tromper lourdement de cible.  Car Oxfam, j’en témoigne, est une organisation éminemment respectable.

- Pierre Galand, secrétaire-général d'Oxfam-Belgique de 1967 à 1996.

Image: 

Pierre Galand devant la boutique Oxfam d’Oxford, en 2014. Photo © Gabrielle Lefèvre

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