semaine 47

Bilan et perspectives :-)

Edito par Jean Rebuffat

De gauche à droite, Michel Noirret, Marcel Leroy, Jean Rebuffat et Gabrielle Lefèvre racontant la naissance et la vie d'Entre les lignes. Photo © Laurent Berger

Eh bien oui, nous sommes entrés hier, le 11 novembre 21, dans notre douzième année et nous avons fêté dignement nos onze ans, notre entrée dans l’adolescence par la fête que l’on sait. C’est évidemment l’occasion de regarder à la fois dans le rétroviseur et devant nous, exploit que tout automobiliste réussit facilement, mais qui est l’un des pièges classiques du journalisme. “Bilan et perspectives”, c’est le nadir du métier, tout le monde vous le dira. Et pourtant! Mu par cet instinct de contradiction qui aide au doute, je m’y risque.

Bilan. Nous avons tenu la distance. Ce qui au départ n’était qu’une gageure, une sorte de rêve d’éternel gamin incarné en Jean Hanssens, qui aura réussi l’exploit de rassembler en un temps record autour de son idée d’anciens collègues et néanmoins amis, selon la formule consacrée, s’est mué en un véritable organe de presse, à ceci près qu’il est fait de professionnels, certes, mais bénévoles, la plupart retraités. Le constat de base? Nous aimions notre métier et cet amour était empreint de frustration. Il fallait aller vite. Musarder? Interdit. Trop cher, trop anecdotique. Réfléchir? Difficile. Rester dans la ligne (même peu contraignante), ne pas se glisser entre. Bref, quelques vieux éléphants se mirent à sonner de la trompe chacun de leur côté, en bonne intelligence, en se complétant intuitivement, dans une liberté totale, et cela a donné non pas une cacophonie, mais un média homogène dans sa diversité. Même si nous ne l’avons pas fait exprès, nous en sommes tous très fiers. Le journalisme à visage humain, sous toutes ses formes, sur tous ses supports, sans contrainte: le rêve était réalisé. Et il a plu. Nous avons continué...

Perspectives. Mais... ce n’est pas évident. Nous touchons un public plus instruit et plus âgé que la moyenne. En fait, un public qui nous ressemble, qui nous aime même probablement, capable de sourire, de réfléchir et de se remettre en question. Or nous vieillissons, bien, peut-être, mais la pérennité de nos rêves, de nos idées, de nos espoirs, de nos espérances, passent par les générations qui montent. Nous leurs sommes ouverts mais... ce n’est pas évident, bis. Il nous faudrait toucher des plus jeunes. Il nous faudrait pouvoir publier, aider et payer de jeunes journalistes dont le talent est aussi évident que la misère. C’est pourquoi nous faisons appel à vous régulièrement; vous y répondez, merci. Cependant c’est une solution de secours et a minima. Il n’est pas normal qu’une presse libre et indépendante, sous prétexte qu’elle a emprunté les chemins de la modernité (et nous lui en savons gré, à cette modernité: vive l’internet libre et pas trop coûteux!), ne reçoive que les miettes des miettes des aides publiques.

Conclusion. On continue. On verra bien. Nous sentons qu’il nous faut repenser notre site, notre façon de communiquer. Mais comment? Votre avis compte, donnez-le nous. Et rappelez-vous que nous ne sommes pas fermés à de nouvelles collaborations! Merci, en tout cas, d’être là et de vous être dérangés si nombreux (vous étiez 254!) pour ces 11 ans dont nous osons espérer pouvoir encore en parler durant 11 ans.

Chemins de traverse par Marcel Leroy

Salle des pas-perdus

Photo © Laurent Berger

Le train d’Entre les lignes est resté en gare à Watermael le 11 novembre 2021. D’autres convois, de loin en loin, frôlèrent au ralenti la station bizarre plantée en lisière de Bruxelles.

Zooms curieux par Gabrielle Lefèvre

Une joyeuse harmonie

Photo © Laurent Berger

Le onzième anniversaire d’entreleslignes.be s’est déroulé dans la bonne humeur et l’harmonie qui règne depuis le début dans notre équipe sans chefs, sans ordres, sans obligations outre celles que nous nous imposons nous-mêmes.

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