semaine 26

Le passage à l’obligation vaccinale

Edito par Jean Rebuffat, le 03 décembre 2021

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En 1807, la vaccination suscitait déjà bien des débats... Toile de Léopold Boilly (reproduction libre)

La quatrième ou cinquième vague de la pandémie (en Belgique la quatrième a été tellement faible qu’on ne la compte pas) continue de saturer voire de submerger les hôpitaux et le système de santé en général. Un peu partout, des mesures plus ou moins strictes et sévères sont prises ou accentuées. Parmi celles-ci, il y en a une qui commence à poindre, déjà en Autriche, probablement bientôt en Allemagne: l’obligation vaccinale.

Rendre obligatoire la vaccination contre le covid est-il liberticide? Est-ce la mesure de trop en ce sens? Il faut dire et répéter qu’en effet, les mesures actuelles atteignent nos libertés mais que ces atteintes ne sont pas des attentats sous deux conditions: leur caractère transitoire et réversible ainsi que le bénéfice global que l’on en tire. L’intérêt collectif n’étant évidemment pas la somme des intérêts particuliers, on circule de compromis en compromis sur un terrain déjà miné par la méconnaissance du virus et de ses variants.

Il n’en reste pas moins qu’assurer la fin la plus rapide possible de toutes ces contraintes suppose l’immunité collective. Le vaccin n’est pas la panacée mais reste le moyen le plus efficace de se protéger, même s’il n’a pas l’efficacité escomptée au départ. Il est même à redouter que la maladie devienne endémique, comme la grippe, et nécessite des traitements préventifs récurrents. Dès lors se pose la question: et si on rendait ce vaccin obligatoire? Et pas rien que pour telle ou telle partie de la population. Il y a eu et il y a encore des vaccins obligatoires. (Les antivax non plus ne datent pas d’hier.) Jusqu’ici, il était probablement difficile de l’imposer, d’abord parce qu’on n’en disposait pas, puis peu, puis que le recul étant faible, les objections auraient été nombreuses. Mais à présent, plus personne de raisonnable n’en discute la relative innocuité ni ne doute que pour l’instant, faute de mieux, se prémunir contre les formes les plus graves et contre une mort assez affreuse (par étouffement) passe par là. Même si l’industrie pharmaceutique, on l’a encore observé avec ces vaccins, précisément, n’est pas un modèle de philanthropie active...

La vaccination obligatoire aurait le mérite de ne pas créer deux catégories de citoyens antagonistes et permettrait de supprimer le passe sanitaire à terme assez court – outre la perspective d’une protection collective meilleure. Mais la société d’aujourd’hui, si hétérogène et si contradictoire, va-t-elle obéir? La mesure aurait au moins le mérite de la franchise. Pour le moment, on complique la vie sociale des non-vaccinés et c’est une contrainte hypocrite. Rappelons pourtant que dans les pays où le vote est obligatoire, comme en Belgique, l’abstention frôle parfois les vingt pour cent. Or il y a déjà à peu près 80% de vaccinés...

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