semaine 21

Trop beau pour être vrai

Edito par Jean Rebuffat, le 01 avril 2022

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L'inflation ne guette plus, elle s'installe. Mais elle n'est pas la seule à vouloir dire quelque chose qu'on n'a peut-être pas envie d'entendre. Photo © Jean-Frédéric Hanssens

Le retour de l’inflation émeut bien évidemment les opinions publiques. Même si celles-ci sont focalisées sur certains prix totémiques, comme celui de l’essence, elles savent que l’augmentation du coût de la vie est par nature antérieure à tous les ajustements que l’on peut faire et qui interviennent avec un décalage de plusieurs mois (quand ils ne sont pas supprimés). Les prix, cependant, n’augmentent pas uniformément de x%; les hausses frappent certaines secteurs plus que d’autres et les indices des prix ne sont jamais que des moyennes plus ou moins variables et plus ou moins sincères. Mais par ricochet, ils finissent par s’étendre de proche en proche. Le phénomène est en partie inévitable. Il est de nature entropique. D’ailleurs, à faible dose, il est souhaité et tant qu’il reste dans les alentours de 2%, on estime qu’il est maîtrisé.

Mais ce qui se passe actuellement devrait faire réfléchir au-delà du constat. C’est l’un des facteurs qui devrait pousser à se dire: oui, décidément, il faut changer radicalement. La pandémie puis la guerre en Ukraine, le changement climatique, les injustices sociales planétaires et locales, tout cela va dans le même sens: il faut s’habituer à ce que nos anciennes certitudes tranquilles n’existent tout simplement plus. Le retour de la peste et celui de la guerre étaient impensables à nos yeux? Les voici rouverts. Il va falloir accepter l’idée inéluctable que sans solidarité, dans un monde où le toujours plus est désormais impossible, il n’y a aucune solution et que sans partage les chances de survie de l’espèce humaine s’écroulent comme des châteaux de sable face à la marée. On appelait les années 1900 la Belle Époque. L’homme a toujours été nostalgique d’un passé mythifié. Sans doute songera-t-il plus tard à la seconde moitié du XXème siècle comme d’une sorte d’âge d’or. Mais comme le dit si bien le dicton, c’était trop beau pour être vrai.

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