semaine 48

Qui Jupiter rend fou

Edito par Jean Rebuffat, le 21 octobre 2022

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Portrait officiel (libre de droits) d'une éphémère Première ministre...

Fairy tales. C’est ainsi que Rishi Sunik, le dernier challenger de Liz Truss, avait qualifié le programme de son adversaire qui emporta le 10 Downing Street. Chacun cependant sait que les contes de fée contiennent souvent leur dose d’horreur. Moins de six semaines au 10 et voilà Liz Truss qui démissionne, comme David Cameron en 2016, comme Theresa May en 2019, comme Boris Johnson en 2022. Un rythme qui illustre les guerres intestines du parti conservateur, qui lui non plus ne s’est pas remis du brexit (mais qui est cependant plus faible que le turn over des chanceliers de l’échiquier: là, on en était à quatre en quatre mois) autant que l’évidente erreur de casting répétée que furent les quatre derniers Premier ministres d’Elizabeth II. Le choix de Liz Truss ramène à la crevaison grenouillère de la fable. Et ensuite? On votera tout de suite, dans le style on efface tout et on recommence. Enfin, on efface tout, pas question d’élections, Waterloo assuré, on recommence plutôt. Bref en fait 357 députés vont désigner leur candidat et le vote de confirmation ressemblera à un référendum en Ukraine…

Les nostalgiques du Royaume-Uni dans l’Union européenne ricanent. Tout ça pour ça. Mais comment ne pas perdre de vue que la crise politique et économique dans lequel ce pays tout de même encore très proche, serait-ce par la géographie, risque de perturber bien au-delà des mers?

La politique, décidément, redevient irrationnelle, en ce XXIème siècle si désespérant. Il y a un parallèle à faire entre l’impérialisme russe et l’incurie britannique: le désir de faire le gros malin. Il engendre des catastrophes de type dominos. David Cameron, pro-européen, veut asseoir son pouvoir en gagnant un référendum gagné d’avance: il le perd, ayant oublié qu’un non n’est pas obligatoirement un non à la question, mais la manifestation d’un mécontentement polymorphe. Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre. Ce vieil adage s’applique parfaitement à Vladimir Poutine.

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