semaine 48

Zéro ou un

Edito par Jean Rebuffat, le 11 novembre 2022

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Le Capitole, à Washington, en 1846. (Photo libre de droits.) Il a grandi, depuis, reste à savoir si la démocratie, aussi...

Il y aura bientôt un demi-siècle, les commentateurs politiques expliquaient gravement que la France était coupée en deux parts égales selon une ligne gauche-droite. Un petit siècle plus tôt, les observateurs donnaient peu de chance de survie à la Belgique, scindée entre laïques et catholiques. Il y avait Dreyfus aussi, il y avait eu la guerre de sécession, bref les exemples de deux blocs s’affrontant plus ou moins pacifiquement dans une même nation ou un même pays pullulent dans l’histoire depuis que celle-ci accorde une relative importance au peuple lui-même, qui en pratique règne mais ne gouverne pas. L’expression a surgi suite aux élections dites de midterm, aux États-Unis. Sur le plan des chiffres, c’est fondé : les deux grands partis se partagent équitablement le Sénat. On comprend aussi que l’inquiétude naisse de la conception très différente de l’action politique qu’ont les Démocrates et les Républicains, où la tendance trumpiste radicalise énormément quand on se rappelle l’assaut du Capitole.

En démocratie, savoir accepter sa défaite est dirons-nous la moindre des choses. Les élections volées ne sont qu’un truc de langage qui permet précisément de n’en pas tenir compte… et donc de réellement les voler.

La poussée trumpiste a été très nettement inférieure aux pronostics, provoquant des commentaires optimistes de ce côté-ci de l’Atlantique. Mais les opinions publiques européennes sont toujours très sensibles aux sons de cloche qui leur plaisent. Il faut bien admettre que pour autant, la droite américaine est loin d’être battue, ceci d’autant que le phénomène n’est pas circonscrit. Le monde entier, et pas rien que le Brésil ou l’Italie en prime, semble verser dans un manichéisme qui risque de déboucher sur des régimes à la russe. Il faudrait réapprendre la nuance et la tolérance. La société actuelle, pourtant, se construit sur un système où le numérique binaire (0 ou 1) est la base de tout. Ce n’est pas d’augure favorable… Or il n’y a aucun domaine, dans notre univers, où à l’inverse la nuance, voire la versatilité même, n’est aussi grand que dans l’intelligence humaine. Ce serait stupide de l’oublier.

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