semaine 48

Le ballon rond (comme la planète)

Edito par Jean Rebuffat

Cette capture d'écran du site officiel de la Fédération internationale de football (le Fifa) vous propose avec insistance les dernières (?) places disponibles...

Voici donc le Mondial de football, enfin sa phase finale, qui s’apprête à commencer dans un chaud climat de polémiques de plusieurs ordres : social, environnemental, judicaire et même sportif. Faire jouer un Mondial en plein milieu de saison dans un pays où les températures dépassent 30 degrés même quand il fait froid, on s’en doute, ne s’est pas fait par hasard et les casseroles qui tintent à propos de l’attribution au Qatar d’un des plus grands événements sportifs de la planète n’ont pas encore toutes été vidées. Les polémiques auront eu au moins un effet: l’effervescence populaire n’a plus l’air de suivre. Les stades risquent d’être remplis d’air (conditionné) et le prestige que ce pays immensément riche et irrespectueux des normes humaines espérait tirer de l’événement risque de ressortir de l’illusion.

C’est peut-être paradoxalement un signe encourageant. Le football a pris une telle importance économique et sociale qu’il court à la crevaison grenouillère. La célèbre devise anglaise, after all, it’s only a game, contenait en elle une part de vérité quand ce beau sport n’était pas tombé dans la démesure. La plupart des joueurs présents ont déjà une trentaine de matches dans les jambes depuis le début de la saison, soit quatre mois. L’allongement des championnats nationaux et des coupes internationales, la multiplication des compétitions, tout cela n’a qu’un seul objectif, le tiroir-caisse, mais soumet le corps des sportifs à un régime démentiel, qui se traduit dans les blessures qu’on dénote en nombre toujours plus grand parmi même les plus grandes stars du ballon rond, et ce dans pratiquement toutes les équipes.

La machine fonctionne comme une bulle folle. Tout à fait de la même façon que le monde en bien des aspects…

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