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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

Adam se sent vivant

Le 26 septembre 2017

&

Image: 

Adam se sent vivant
Le déluge est passé
La dernière pluie tombée
Cloué sur place
Sous un ciel assombri
Adam perçoit des cris étouffés
Sortant des corps perdus
Fascination
Obsession
Addiction
Une expérience parfaite
A même la peau
Là-haut
Une oie sans tête
Vole vers les pâles lumières
Ça tourne pas rond
En ce soir de solstice
Si doux pour la saison
Adam se sent vivre
La vie des autres
Vivants comme morts

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L'arbre entier

Diffuse des idées d'en-haut

D'un ailleurs aveugle

Par quelques mouvements

Par une coulée du vent

Il possible

En pure souche

Bernard ouvre les yeux

Fin de son temps de pause

La conscience ralentie

Le corps ouvert

À l'heure pile

Il se lève

D'un joyeux déséquilibre du pied

Et saute dans l'inconnu

Le moindre plaisir

Lui est rapide patience

Il piétine humus et feuilles mortes

Et caresse l'écorce de l'arbre entier

Sa main diffuse des idées d'en-bas

Des demi-mots

Des signes de vie

Des colères rentrées

Il regarde vers la cime

Se sent dresseur d'épices

Il marche là où tout se vit

De préférence la nuit

Bernard disparaît dans l'image

Un beau silence le suit

L'arbre entier

Diffuse des idées d'en-haut

Il possible

En pure souche

Sans hâte

Et Bernard est saisi

D'un frisson sauvage

Et sage

Quand par hasard

Le cœur léger

Un sérieux flottement

Une chaude étincelle

M’ébranlent

Les nouvelles...

Choc d’images criblées de balles

Une illusion peut-être

Une bonté des caprices

Je m’approche des autres

Vin et pâtes

Attentions

Intenses odeurs

Pensées douces

Enfin l’unité

Et la vie sans fin

Hauteur de vue

N’est pas hauteur de visions

Pourtant

La suite révèle

L’écho d’une énigme

Quand l’autre est mort

Et que tu restes vivant

Ton réveil efface une vie

Les dernières minutes

Retour ici

Oubli de là

Silence et beauté

Plutôt que je-ne-sais-quoi

Sans lumières

Ce que l’orage provoque

Cette nuit de pleine lune

Quand soumis à soi-même

Insoumis à soi-même

Marc fait grand bruit

Par quoi commencer ?

Tout le mal possible

Au nom du bien

Le courage qui manque

Grandeur de l’idiot utile

Marc parle sur Paul

En fait des vagues

Sang et souffrance

Dans le carton-pâte

Je n’ai jamais revu Marc ni Paul

Seul soudain

Je rêve debout

Leur souvenir mal peint

Je vis sans savoir

Les larbins criminels

Passent d’un corps à l’autre

Pour saisir une lueur

Ils courent dans la pénombre

Je les fixe en photo dérivante

Risque la fuite

Me cogne contre le mur de briques

J’ouvre un œil

Ému

Horrifié par le bruit qu’on fait

Une lampe-tempête à la main

Je vise des pipes de foire

Je brise le cou des reins

Loin de mes rêves

Vivre en fauve

Ou vivre en proie

Ou inventer sa chanson

Ni vainqueur

Ni vaincu

Intranquille

Toujours

À la recherche du discours perdu

Je n’abandonne pas le meilleur

Je suis la seconde près

Je prends la place de l’air

Que je respire

Pour toi

Une simple lumière

Ma curiosité nomade

Survole une autre mer

Au fond de toi

Le gardien de nuit dort

Le zoo, les enclos

Sont ouverts

Une sorte de salut

Grandiose

Une émotion oblique

Mais à l'envers

Un univers de poussière

Forme une étoile

L'ennemi intérieur

Un gros nazi

Travaille le noir, la peur, la mort

Secret absolu

Cette nuit

Au fond de toi

Les choses sont dites

Une lumière simple

Dessine les ombres d'un midi plein

Tout au fond de l'autre mer

Libérée,

Le gros nazi dort

Avec sa bande

Fossilisé sous les algues barrées

Le sourire disparu
La cérémonie commence
Ciel ouvert
La nuit, à contre-jour
Un seul geste m'incombe
Un échange de regards
Sous la courbe de la lune
La tête entre les jambes
Est désir de hauteur
La terre disparaît
Dans l'ombre de nos corps
J'oublie tout
Les colères
Ce que fait l'argent
Le souffle court
Les dossiers oubliés
Les interdits et les lointains
Un vent léger
Porte force vitale
Je suis une plante qui pousse
Pacifique
Face aux yeux plissés des autres
Proches, seuls, ensemble
J'évite
Un mouvement de foule
Comme une coulée de boue
Violent
Sismique
Éruptif
Pire que le mal
Qui vient au rythme
De paroles entendues
Répétées, répétées
Évitons
La fin des rêves
La cérémonie commence
Au creux d'une main
Qui soigne
Le sourire disparu

Un léger parfum

Une goutte... et le vase
S’ouvre une crise
Imprévisible
Rien ne convient au fleuve en crue
Sans une plainte
Il avance
Il monte
Il ravage
Son milieu et ses marges

A chaque instant fuyant
Un amour est perdu
A chaque signal d’alarme
Un amour est perdu
A chaque fusion froide
Un amour est perdu
A chaque dernier mot
Un amour est perdu
A chaque désir effacé
Un amour est perdu
Sans raison précise

Pedro vire au gris
Le feu dans les veines
Britt joue le silence
Sur ses charbons ardents
May cogne à la porte
Inutile d’insister
Bogdan abat son jeu
Dos au mur
Anne s’oublie
Dans l’horreur du vide

Une goutte... et le vase
S’ouvre une crise
Imprévisible
Rien ne convient au fleuve en crue
Sans une plainte
Il avance
Il monte
Il ravage
Son milieu et ses marges

Et pourtant
Un léger parfum
Trouble
L’obscurité

Le retour même

Une nuit solitaire
Long soupir
Derrière un rideau gris
Humide
Tout était prêt
Dans le tunnel du temps
Pour les tremblements du mystère
Les pousses folles
Les vols planés
Emerveillé par la réapparition du même
Yves a le regard troublé
Il manque d’air
Sous les arbres encore nus
L’hiver se brise
Contre un monde qui palpite et chante
Dans le tunnel du temps
Yves respire et s’abandonne
A la fanfare
Soleil

Et si
Vraiment
Rien ne s'était passé
Les piétons figés dans le passage
Et ça ne s'arrête pas là
Simple
Simple simplicité
Glissade retenue sur la peau d'un chien nu
Céline suit la mode
Elle est hors d'elle
Elle veut se faire voir
Céline veut bouger
Dans sa main gauche
Elle a la vitesse de la lumière
Simple
Simple simplicité
Immobile Céline
Sur la passage pour piétons
Et ça ne s'arrête pas là
Quand rien ne se passe
J'offrirais une goutte de ma semence
En échange
D'un siège en terrasse
Simple
Simple spectacle

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