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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

La toile cirée

Le 13 janvier 2018

&

Image: 

La toile cirée

Le béton ne brille pas
Sitôt coulé
Il se meurt
Ses fissures ne disent mot
Elles digèrent
Les coups de vents forts
Les sables gourmands
Une femme au beau cul
Se faufile dans les courbures
Des hommes aux balcons
Émus
La laissent s’évanouir
Dans la neige d’un écran brouillé
Les yeux vomissent ce paysage dilaté
L’arc-en-ciel de toile cirée
Noue et noie les murs
D’aguicheuses lézardes
Enfilent les ombres
Que de pets rêvés hauts
Dans la toile cirée

03/04/2007

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La toile cirée

Le béton ne brille pas
Sitôt coulé
Il se meurt
Ses fissures ne disent mot
Elles digèrent
Les coups de vents forts
Les sables gourmands
Une femme au beau cul
Se faufile dans les courbures
Des hommes aux balcons
Émus
La laissent s’évanouir
Dans la neige d’un écran brouillé
Les yeux vomissent ce paysage dilaté
L’arc-en-ciel de toile cirée
Noue et noie les murs
D’aguicheuses lézardes
Enfilent les ombres
Que de pets rêvés hauts
Dans la toile cirée

03/04/2007

Julie se perd
Le regard arrêté
Sur un nœud de bois
La lumière s'efface
Le nœud reste
Larme immobile
Dans un œil anonyme

Julie tourne sans rien faire
Elle s'éclabousse d'un reste de pluie
En tête, un inventaire
De mauvaise herbes
De souvenirs de ciels
D'un arbre très haut
De paniers vides
Elle se goinfre de parents fabuleux

Julie s'égare
Dans une clarté grave
Des larmes vives
En giboulée
Coulent du fond de ses sens
Sur les chemin des joues
Terminus le cou

Julie s'évade
Par une brèche
Où menace un vent furieux
Vers une vie muette d'ombres
Vite et bien
À l'écart des ruses
Et des règles

Julie appelle ses mots
Armée de mille-pattes
En touffu désordre
Ils créent
Un air à boire
Une lune mentale
Une vision d'amour
Pour un vieux casse-cou
Une vie sans truquage
Une vie

Je voyage
Sinon, je rêve
La roue a tourné
Un bon tour est joué
Je m'indique
Une sombre direction
Et je me perds
Entre Calabre et Brindisi
A des distances
Où l'homme n'est rien
Dans l'état pur
Et dans son ombre
Personne à qui parler
Sous les tourbillons de sables
Venus de Lybie
La route des couleurs
Est tendre le matin
Et chaude le soir
Oubli total
Je voyage
Sinon, je rêve
Le sud est proche
L'orient m'aspire
Étincelles et ciel
Terres, éclaboussures
Lumières
Une suite de découvertes
Une infinités de pistes
Oubli total
Je voyage
Sinon, je rêve
Le moment, l'instant
Sans sommeil
De l'ordre dans les pensées
Mémoires de l’œil
Enfance d'un souvenir
Oubli total
Je voyage
Sinon, je rêve
Terminus
En bord de mer
Où tout recommence

Un ours, du miel
Un vieux poisson
Des os, la poussière
Un ordre vague
Les eaux montent
Face au soleil bas
Adonis, si vulnérable
A la chair de poule
Les yeux sans éclat
Dans l'air rafraichi
Ses mots roulent
Vers les corps froids
Émerge une figure de proue
Jane a l'oreille fine
Elle perçoit un chant de sirène
Trop aiguë pulsation
Et n'en sent pas la magie
Face au soleil bas
Adonis aux joues rouges
Serre Jane et dit :
Tu es tout mon monde
La pluie cesse
Face au soleil bas
La clarté chasse les bruits de peur
Vois ce que tu veux voir
Dit Jane à Adonis
Leurs paroles volent dans l'air adouci
Un ours, du miel
Un vieux poisson
Des os, la poussière
Un ordre vague
Une montée des eaux
L'art des petits choses
Face au soleil bas

Pâtisserie Gerbeaud
Luxe des crèmes
Ton manteau d’orage me frôle
Ta chevelure aile de corneille te camoufle
Ton chevalier mafieux
A l’accent étatsunien
Jette sa haine aux biscuits aux tartes
Massepain
Tu parles à parrain
Ta voix douce te fait le visage doux
Le grand miroir ne renvoie pas ton image
Le soir
A l’arrêt du Pont des Chaînes
Ton manteau d’orage
S’écroule sur la banquette
Du transport en commun
Cent corneilles s’envolent
Lassées
A contre-courant du Danube
Ton visage est nu
L’œil droit est un trou
Le gauche un tourbillon fangeux
Le nez un pénis écorché
Vif
Où est parrain ?
Dans le reflet des vitres
Ta fourrure lance des éclairs orange
Qui brûlent les pupilles des curieux
Du tram 2A
A Pest

06/03/2007

Face au soleil
Le souffle retenu
Je guette la montée des eaux
Des mots roulent dans ma tête
En pouvoir invisible
En corps célestes
Contenu et apparence
Bruit et peur
Chair et poule
Face au soleil
Un vieux poisson
Jaillit de l'eau
Éclat sans fin
Figure de proue
Pulsation
Présence
D'autres mots roulent dans ma tête
En pouvoir invisible
En corps célestes
Ours et miel
Os et poussière
Bruit et vie
Face au soleil
Dans l'eau rafraîchie
Un arbre solide et solitaire
Fantôme entre les rideaux de pluie
Il n'a nulle part où aller
Encore ces mots qui roulent dans ma tête
En pouvoir invisible
En corps célestes
Oreille et magie
Image et vue
Héritage et attention
En face, le soleil disparaît
Au regard de tous
Aucune étoile visible
Juste quelques bruits de peur animale
J'évalue la menace
Je reste calme
L'obscurité est tombée
Sans que cesse la pluie
Le silence se fait et
Des mots roulent dans ma tête
Comme un torrent

Un chat me chuchote :
Le danger est passé
Reste le ciel
Les dés ne m’annoncent rien
Le chat me chuchote :
Le ciel change
Voilà tout
Une idée minuscule
Le ciel contre la montre
La terre telle qu’elle est
Le chat me rechuchote :
Yi-king toi-même
C’est ce que je pense

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