semaine 42

Rechercher

En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

Passe Passe Fox Trot

Le 09 septembre 2018

&

Image: 

Entrent Par la fenêtre ouverte

Et les bruits de la nuit

Et des lamelles de temps

Et des empires disparus

Dans des spirales de poussières

L'univers connu

Si compliqué

 

Ray existe à peine

Roi déchu

D'un chœur souriant

Une ombre, un reflet

Rien de plus

Soudain

Un vague souvenir

Une étoile morte

Éveille ses sens

Emma dévisagée

Sur les marches du musée

Son innocence précoce

Ses yeux miroir d'eau

Son goût du feu

Son derrière docile

Ses secrets

Ses absences

Sa brusque disparition

Nuage d'écume

Évaporé

Une nuit de mer

 

Ray existe à peine

Une ombre, un reflet

Rien de plus

Par la fenêtre ouverte

Surgit son père

Perdu de vue

Il a ce rire étrange de

Quand il lui offrait

Une Chevrolet Dinky Toy

"Ta mère t'aimait" Dit-il

Lèvres pincées

Nerveusement

 

Entrent

Par la fenêtre ouverte

Et les bruits de la nuit

Et des lamelles de temps

Et des mensonges nécessaires

Et des empires disparus

Dans des spirales de poussières

L'univers connu

Si compliqué

Qui change

En un éclair

Éperdu de vie

Ajouter un commentaire

Du même auteur

13 chevaux dans le soleil

Le plus fier boite

Un vent léger chante

Dans les peupliers

3 ânes se suivent

Pensifs

2 arbres morts

Jettent une ombre cassée

Sur l'herbe brûlée

13 chevaux dans le soleil

Le blanc galope brusquement

Chasse une bande de corneilles

Un héron survole les lieux

Paisible

Un papillon blanc

Se pose sur moi

Je suis une herbe sauvage

Qui ne pense rien

Sous les nuages

13 chevaux dans le soleil

Passent sans me voir

Comme ma bouche grimace

Quand au hasard de l'obscurité

Une force enfle en moi

Avec un bruit de vieux moteur

Tout s'agite tout remue

Comme une mer qui se retire

Et qui te toise de sa plus haute vague

Tout a disparu

Le monde arrêté

Endormi

Envie d'allumer

D'un éclair silencieux

Cette aube noire

À l'odeur de vieux bois

Devant moi, une chaise vide

Le rire des autres

Comme les cris de hiboux à la dérive

Lucas me surprend

Son inquiétant sourire

Son regard circulaire

Sandra passe rapidement

Sans direction certaine

Elle pleure

Émilie hésite

Elle est née comme ça

Angelica se lève et s'en va

Les yeux au plafond

Le cœur en bois

Franz veut le contraire

Toujours

Tête baissée, immobile

Michel et Marc serrent les dents

Ils ont mal à deux

Ils sont lourdeur et risques

La compagnie des ombres flasques

Disparaît dans les lignes obliques

De la lumière du matin

Enfin

Le rire des autres est avalé

Par les bruits naissants de la rue

Une force enfle en moi

Avec un bruit de vieux moteur

Tout s'agite tout remue

Comme une mer qui accoure

Sans précaution

Et qui amplifie le chant des oiseaux

Ma bouche grimace

De plaisir

Une étreinte chaude me surprend

De mille façons

Tout s'agite tout remue

Tout éteint les mauvais tours

De cette pauvre nuit

Une forêt de rides

Où joue la voix du vent

Comme une fanfare sans percussions

Rien ne force

Cet injuste passage du temps

Ni les mots ni les images

Sous d'ombreux tilleuls

Les voyageurs sans bagage

Ivres orbites snobant

Les fuseaux horaires

Ne jettent rien

Sauf les yeux au ciel

Où ils lisent la marche à vivre

Monika n'approfondit rien

Et la nature triomphe

Evguéni s'évade

Dans les légers renflements de Tatiana

Adamov devient étranger

Il refuse la priorité

Aux mouvements des armées

Nadja aux fortes pommettes

Nage dans un lac sans fin

Grigori brille la nuit

Tout silence rompu

Gala noircit tout

Et tout s'arrange

Dans ces lieux compliqués

Devant un petit verre

D'alcool bien distillé

Ils ont la paix en terrasse

Sous le ciel gris transparent

Quand la vieille fanfare

Joue sans les percussions

Une valse

Pour l'avenir des bois

Tout paraît si calme

Dans le territoire des filles

Le reste du monde

Sur son fil tendu

Ne cesse d'être envieux

Michel se fait oublier

Albert se reproduit

Luc attend la bonne réponse

Jean reproduit Albert

Moi

J'ai l'insouciance du plongeur

Je fends l'air

Je te cherche

C'est après toi, personne

Tout vibre

Sombre cascade

Chuchotements résignés

Colère du ciel

Partage des larmes

Jusqu'à l'assèchement de l'œil

Je m'écrase lourdement

Sur le reste du monde

Tout paraissait si calme

Dans le territoire des filles

Entrent Par la fenêtre ouverte

Et les bruits de la nuit

Et des lamelles de temps

Et des empires disparus

Dans des spirales de poussières

L'univers connu

Si compliqué

 

Ray existe à peine

Roi déchu

D'un chœur souriant

Une ombre, un reflet

Rien de plus

Soudain

Un vague souvenir

Une étoile morte

Éveille ses sens

Emma dévisagée

Sur les marches du musée

Son innocence précoce

Ses yeux miroir d'eau

Son goût du feu

Son derrière docile

Ses secrets

Ses absences

Sa brusque disparition

Nuage d'écume

Évaporé

Une nuit de mer

 

Ray existe à peine

Une ombre, un reflet

Rien de plus

Par la fenêtre ouverte

Surgit son père

Perdu de vue

Il a ce rire étrange de

Quand il lui offrait

Une Chevrolet Dinky Toy

"Ta mère t'aimait" Dit-il

Lèvres pincées

Nerveusement

 

Entrent

Par la fenêtre ouverte

Et les bruits de la nuit

Et des lamelles de temps

Et des mensonges nécessaires

Et des empires disparus

Dans des spirales de poussières

L'univers connu

Si compliqué

Qui change

En un éclair

Éperdu de vie

Seul

Le hasard est libre

Comme le carré de la distance

Entre la paupière et le cil

La poussière dans l’œil

Dit l’atome insoumis

 

Qui a vu l’ombre d’un atome

Qu’éclaire la lumière

Rapide

Seul devoir

Vivre avant la mort

En attentive poussière

Entre chianti et grappa

Entre tambour et kalachnikov

 

Les mots sont hasards

Aussi Larmes engraissant les décombres

Se glissant dans les fissures

Little big bangs

Une graine attire une larme

La larme chauffe la graine

Qui, lentement,

Explose

À l’ombre moite

Des volcans

Où la fraicheur vapote

En torpeur incertaine

Grappa et chianti

Seul le hasard est libre

La lumière rapide

L’atome insoumis

 

Du temps

Un sacré temps

La graine humide et chaude

Little big bang

Retouche

D’immenses terres

Entre les lèvres

Une arme blanche

Aldo est mauvais ange

Il passe les nuits ailleurs

Et les jours au lit

Sa beauté obscure

Donne chair de poule

Fait peur, fait mal

Aldo, dans le sommeil

Est frappé par des rafales

De lignes claires

Entrées clandestinement

Avec une armée de lucioles

La belle lumière attaque Aldo

Entre ses lèvres

Une larme blanche

Des rires tintent

A bonne distance

Ailleurs

Défi lancé à la peur et au mal

Ici

Mets pied à terre, Aldo

Quand tu le veux

Marche pieds nus dans l’herbe fraîche

Étoile tombée d’un ciel caché

Éveille-toi

L’eau peut laver

Tes flammes noires

Tilt

Game over

Entre ses lèvres

Une goutte du sang

De l’autre qu’il déchire

Aldo reste un mauvais ange

Qui passera ses nuits Ailleurs

Et ses jours au lit

De son cœur sombre

Suinteront

Des humeurs sèches

Des roses gelées

Un roulement de tambour

Sinistre et long

Quelques secrets...

Tilt

Game over

Ailleurs

A bonne distance

Personne ne pleure

Ni ne soupire

Ici

Ça craint

entreleslignes.be ®2018 design by TWINN