semaine 39
Portrait de André Fromont
Haïculs bénis/André Fromont

"La nuit, chez elle"

Le 09 juillet 2021

&

Image: 

Sur le point de finir

Sa mort tranquille

Nu comme au jour où

Benito se tient debout

Sur le brise-lames

Corps au vent

Son ombre mélangée aux vagues

Vit dans les bulles d’écume

Et dans le ciel renversé

Son visage rond comme zéro

Fixe avec défi

La porte vers le silence

Une mouette rieuse

L’exaspère D’un coup d’aile

 

Est-ce la marée

Est-ce les embruns

Est-ce l’horizon

Qui ouvrent les tiroirs

De la mémoire ?

 

Sa jeunesse

Une assurance totale

Sans vergogne

Un langage crypté

Pour que circule l’argent

Et que s’éloigne

Ce qui arrive aux autres

Une soupe au lait

Qui lance par-dessus nos têtes

Le temps compté

Le danger et la peur

 

Après Juste ensorcelé

Par une belle délinquante

Et par un imposteur

Il s’élance

Désarmé

Avec au coin de l’œil

La vision

D’une exécution sommaire

Dans un vacarme d’après-match

 

Son père lui apparaît

Corps à corps

Oscillation momentanée

À bout de souffle

Le ralenti s’impose

Mais La violence explose

Et le reste n’est qu’humain

 

Il pleut encore

Sur l’immensité inconnue

Il se sent abandonné

Le regard agacé

Par les lignes cassées

D’un paysage abimé

 

Il pleut toujours

Sur le versant sauvage

À l’abri des rafales

Des idées écartées

Un repos absolu

Un chœur antique

Chante

L’humain en lui

 

L’homme au visage rond

Comme zéro

Nu comme au jour où

Avance juste d’un pas

Vers

« Chez elle, la nuit »

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