semaine 26

Lettre ouverte aux décideurs, le 20/11/2018

Les indignés par GL, le 21 novembre 2018

Devant l’état délétère de la planète et les multiples dangers qui menacent d’extinction l’humanité - dont nos propres descendants - nous sommes en droit d’exiger de nos dirigeants des changements radicaux.  Une longue observation, égrenée d’intenses réflexions depuis des décennies, en tant que reporter et grand voyageur me disent que le point de non-retour n’a jamais été aussi palpable… Nous en sommes là!

Depuis le début des années 70, de nombreux scientifiques nous mettent en garde. Aucune année ne passe sans que d’autres brillants confrères nous assènent le même constat : le modèle de développement économique initié il y a deux siècles, n’est plus tenable. Toutes les analyses sont unanimes : sans équivoque, depuis les années cinquante nous sommes en train de scier les branches de notre arbre de Vie, avec assiduité et arrogance…

Alors que nous avons la chance inouïe de partager une planète merveilleuse, des individus mentalement sclérosés dans des schémas d’un autre âge, tentent d’annihiler, d’étouffer, de museler les consciences éveillées, progressistes, issues d’un large pan de la société. Notre but est d’atteindre une masse critique capable de faire basculer les choses, raison de notre plus haute détermination.

Le dérèglement climatique  – outre les variations naturelles cycliques – est le produit de l’activité humaine croissante et d’une démographie galopante. Garder le réchauffement climatique sous la barre fatidique d’un degré et demi n’est possible qu’en réduisant drastiquement l’ensemble des causes. Tout d’abord, une mutation réellement salvatrice ne peut avoir lieu sans la mise sur pieds d’une société et d’une économie basées sur la sobriété : durable, équitable, respectueuse de l’Homme et de la Nature. L’homme n’est pas le nombril du Monde, ayant droit de vie et de mort sur la terre entière. Il n’est supérieur à rien, il est tout juste « différent » : un maillon de la chaine, interdépendant des autres. Cette notion est capitale, s’il veut transcender son état de prédateur impénitent. La sacro-sainte croissance, la course au profit (dictée par une cupidité obsessionnelle et la peur de la mort), la concurrence effrénée, l’hyper consommation addictive et abêtissante, avec son arme de destruction massive - la publicité - engendrent tensions (y compris artérielle, obésité, maladies coronariennes qui explosent, etc.), conflits et guerres, inégalités, pillent les ressources naturelles et la biodiversité, saccagent les forêts, aboutissant au désespoir…

Le glas de toutes productions illusoires, néfastes, mortifères, doit être sonné: charbon; gaz de schiste; nucléaire civil et militaire; monocultures intensives coupables de déforestations criminelles et d’érosion; l’agrochimie qui empoisonne l’homme et la nature. Quand on sait que trois quarts des terres agricoles sont consacrées à la production animale, il est urgent de réduire notre consommation de viande et de promouvoir les cultures vivrières pratiquées de façon écologique. Les solutions de substitution existent et ne demandent qu’à être largement mises en œuvre.

Trop d’affamés, trop d’obèses

Les «Objectifs du développement durable», censés éradiquer le fléau de la faim dans le monde en 2030, sont en mauvaise posture. Selon le dernier rapport sur la sécurité alimentaire et nutritionnel réalisé par cinq agences des Nations unies, de 784 millions de personnes en situation de sous-alimentation chronique en 2015, elles étaient 821 millions en 2017. D’un autre côté 650 millions d’individus dans le monde souffrent d’obésité, et là aussi les chiffres ne cessent de s’amplifier. La population continue d’augmenter inexorablement. Le scénario moyen prévoit que nous serons près de 10 milliards en 2050, soit une augmentation de près de 30 % par rapport aux 7,55 milliards actuels. En juillet 2012 - conscients du problème - Melinda et Bill Gates organisaient avec le concours du Gouvernement britannique, une Conférence internationale – l’une des premières du genre - sur la démographie et le planning familial. Le succès fut mitigé. Sur le terrain, les professionnels de la santé sont constamment confrontés à des sensibilités religieuses et culturelles exacerbées qui ont la vie dure, tant au niveau des populations que de leurs dirigeants.

Malgré l’explosion de la natalité, les grossesses non désirées et la pandémie du sida, causant des millions de drames, le pape Jean-Paul II a sillonné l'Afrique sans relâche durant vingt ans, déclarant le préservatif «blessant pour la dignité humaine et moralement illicite». Benoît XVI était du même avis. Tout dernièrement, le pape François n’a-t-il pas traité le corps médical pratiquant l’interruption de grossesse, de «tueur à gages»! Bien sûr, la position catholique vis-à-vis de la procréation ne représente qu’une partie du phénomène : les évangélistes, musulmans, hindous et autres, ne sont pas en reste. Il est urgent que le monde sorte du déni abyssal concernant l’accroissement démographique exponentiel.

Si en Occident, grâce à l’augmentation du niveau de vie, les mouvements de libération de la femme et la contraception moderne, le taux de natalité a baissé, certains pays émergents dont l’Afrique, sont de réelles bombes à retardement. Dans les prochaines décennies, le continent africain devrait connaître une importante croissance démographique, passant de 1.3 milliard d’habitants actuellement, à 4.5 milliards, ce qui ne peut qu’aggraver la pression migratoire. Et si l’expérience nous apprend qu’un certain niveau de développement économique et de confort a pour effet de diminuer le taux de natalité, le modèle capitaliste encadré par le FMI, la Banque mondiale et l’OMC ne peut qu’engendrer l’asphyxie. En 1992, Deng Xiaoping ouvrait la Chine au « Marché », propulsant le pays le plus peuplé de la planète au premier rang des économies mondiales. Mais la success story est devenu un cauchemar, « l’usine du monde » remporte la Palme du pays le plus pollué. Selon une étude menée en 2015 par l’université californienne de Berkeley, la pollution tuerait 1 500 000 citoyens chaque année. Sans compter la vie misérable de millions d’autres.

Si ces notions de base ne sont pas intégrées dans nos politiques, multiplier les COP à l’envi, demeurera un emplâtre sur une jambe de bois.

CAN Europe, une coalition d’organisations engagées pour le climat dont font partie le WWF et 11.11.11, met l’Europe devant ses responsabilités : les ambitions actuelles de l’Union européenne ne suffiront pas à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris pour le Climat. La Belgique en mauvaise posture : notre pays est sensé réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 15 % d’ici 2020 (par rapport à 1990), et nous en sommes seulement à 8,7 % à un an de l’échéance !

En Belgique francophone, les résultats des dernières élections communales livrent un signal clair: de plus en plus de citoyens et citoyennes sont prêts à se lancer dans la transition et l’appellent de tous leurs vœux.

La sobriété, faite de créativité, d’innovation et de joyeuses dialectiques, n’a rien à voir avec l’austérité et le marasme imposés par le système dominant. Au contraire, cette nouvelle vision du monde : sobre, solidaire et écologique, est une grande opportunité et une source d’aventures gratifiantes pour nos jeunes dans de multiples domaines : énergétique, permaculture, architecture, urbanisme, enseignement, recherche et technologie, etc.

En cette période - plus que jamais périlleuse - se serrer les coudes contre l’adversité et faire preuve de résilience, est une nécessité. L’Europe, avec ces 500 millions de citoyens pourrait devenir le phare d’un changement profond et salutaire !

A nos Pouvoirs publics de faire preuve d’intelligence et d’audace pour entreprendre dès aujourd’hui le sauvetage de l’Humanité !

Des dirigeants avaliseront notre vision du monde, d’autres nous frapperont d’anathème, certains nous inscrirons sur la liste noire… mais, désolé, tiédeur et compromission ne sont plus d’actualité.

Citoyens pour le Climat,

Guy Van de Berg, Militant - ex-reporter – essayiste et une liste de signataires. Ce texte est signé par quelques associations telles que Les Amis de la Terre, Dialogues en Humanité - Lyon/BXL, Les Compagnons de la transition, Citoyens pour le Climat et un collectif de citoyennes et citoyens.

 

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