semaine 39

Le loup m’a dit

L'as-tu lu,lulu? par Nous on l'a lu, le 19 mars 2021

La fascinante histoire de celui qui fut l'ancêtre des chiens et qui transporte la magie de nos forêts profondes.

L’expression « l’Homme est un loup pour l’Homme » est réfutée par l’histoire de notre humanité. Le loup est l’ancêtre des diverses races de chien. Il s’appelle d’ailleurs « canis lupus » et ses diverses espèces sont fécondes entre elles.  Il a été l’allié de l’humain qui a imité ses techniques de chasse au temps paléolithique déjà. Puis il a été pourchassé jusqu’à la quasi extermination, par les agriculteurs et éleveurs qui déploraient de nombreuses pertes dans leurs troupeaux.

Atteints par la rage, certains loups ont attaqué des humains, ce qui est relativement rare mais a tellement frappé les imaginations que l’image du loup a été associée à des forces démoniaques. Ce qui a aggravé la peur et accru la chasse.

Ce mammifère magnifique nous montre aussi un bel exemple de solidarité de groupe (la meute), qui permet la survie de l’espèce ainsi que sa propagation sur des milliers de kilomètres, là où existent encore des zones forestières préservées.

Le loup est réapparu en Belgique, où son principal ennemi est la circulation automobile ! Cette arrivée chez nous suscite un vif intérêt tant cet animal fascine jeunes et moins jeunes. L’auteur de bandes dessinées Jean-Claude Servais, grand connaisseur de nos mythes et légendes du sud du pays, s’est attelé à une œuvre d’ampleur : « Le loup m’a dit » est l’histoire de cette coexistence entre loups et humains depuis le paléolithique, de l’amitié entre une louve et une enfant et la naissance d’espèces canines apprivoisées. L’enfant Ambre, grandit au fil des ères historiques et assiste à la diabolisation croissante des loups et aux massacres facilités par les perfectionnements des armes des humains. Il nous décrit ainsi la crédulité, la superstition, la soif de violence et de sang de cette partie des humains qui se coupe de la nature pour mieux l’exploiter et la détruire.

Loba, une vieille femme tapie au fond de la forêt, ressuscite le souvenir des loups disparus.

Ce premier tome est passionnant. Il nous permet de nous reconnecter à nos origines, d’interroger notre histoire et nos préjugés culturels, et d’imaginer un futur qui serait réconcilié avec la nature.

Jean-Claude Servais nous offre une fois de plus une évocation de pans de notre culture, rejetés dans les oubliettes de la mémoire collective, ainsi qu’il l’a fait pour la sorcellerie, les enchantements de nos forêts, pas encore laminés par une religion rigoriste et une rationalité excluant toute magie. (G.L.)

  • JeanClaude Servais. « Le loup m’a dit ». Couleurs : Raives. Première partie. Coll. Aire libre. Ed. Dupuis. 2020.

 

 

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