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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Dorado Schmitt à Trazegnies: la liberté du jazz manouche

Chemins de traverse par Marcel Leroy, le 21 avril 2017

Dorado Schmitt, qui fait le tour du monde avec sa guitare et son violon, était chez lui au Pays Noir. Photo ML.

De gauche à droite, René, Alexandre, Bart, Mario. Desmaele, qui a laissé un moment sa trompette, chante "Mon pote le gitan". Photo ML

A Trazegnies, dans la salle de l'ancien hôtel de ville, le jazz manouche allait sans entraves, comme les tsiganes sur les routes. Etincelant, le groupe "Jazz Strings" laisse un sillage d'amitié dans le tourbillon qu'il soulève. Six musiciens forment cette bande inspirée par la fougue de Django Reinhardt, qui naquit à deux pas, dans la roulotte de ses parents. C'était à Liberchies où fin mai se déroulera le festival dédié à sa mémoire. Marc Leclef, le directeur de la Posterie (Courcelles),  centre culturel qui défend l'art en tant que véhicule de la liberté, salua les artistes en regrettant qu'aujourd'hui, le rejet de l'autre, de l'étranger, va à l'encontre des valeurs humaines que portent la musique, langage universel.  

Sur scène, ne faisant qu'un, se côtoyaient Mario Cavaliere (guitare) et son fils Alexandre (violon). Dorado Schmitt (guitare et violon) et son fils Amati (guitare). René Desmaele (trompette et chant) et Bart De Nolf (contrebasse). Leur concert aura duré deux heures et la balade était belle. A l'entracte, Dorado, funambule pour six cordes ensorcelées, - salué en maître dans le monde entier mais d'une simplicité chaleureuse -, buvait une gorgée de bière en disant: "Nous jouons ainsi parce que nous nous aimons..." La grâce régnait sur la scène, quand Dorado confia d'abord qu'il était heureux de voir son fils Amati jouer avec Alexandre. Plus loin dans le concert,  Mario prit son relais et poursuivit le récit, se souvenant avoir entendu Amati jouer tout petit, voici une dizaine d'années,  au Luxembourg. Et rêvait lui aussi depuis lors de le voir en scène avec Alexandre, son fils à lui. Deux amis, deux fils. Et c'est Marc Leclef qui a concrétisé ce souhait, le temps du concert qui se déroulait à Trazegnies. Ces paroles furent soulevées par le vent des cordes, soutenues par la trompette de René, qui imprime le son cuivré dans le tissu des guitares, des violons et de la contrebasse de Bart.

En manouche, "Latcho Drom" siggnifie "Bonne route". C'est le titre d'un film célèbre dont Dorado a signé la musique. Les "Jazz Strings" ont improvisé sur ce thème, au bout d'un concert où le public retrouva la chanson "Mon pote le gitan", entendit "Nuages" et d'autres envolées se succédant en rafales de notes. Dorado et Mario emmenaient la bande avec une joie sincère. Ils réussirent à créer une atmosphère nomade dans la vénérable salle, saluant ceux et celles qui, sur les chemins du monde sont en errance. Ce soir-là, au même moment,  dans la région de Charleroi, des Roms étaient à la recherche d'un champ où se poser une nuit ou deux, mais c'était loin d'être gagné.   

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