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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Kelly and The Jam Factory, sous la lune de La Mola

Chemins de traverse par Marcel Leroy, le 09 octobre 2017

Kelly sous la lune,un peu magicienne... Photo Do Chaudron

Le quatrième larron. Photo Do Chaudron

Il était sept heures du soir au marché du dimanche, à Pilar de la Mola, le petit village situé au bout de la pointe de Formentera que ponctue un phare blanc dont le pinceau de lumière croise la lueur de la lune. C'était la fin de la saison et le dernier concert gratuit donné au milieu des échoppes des artisans. L'atmosphère était légère, la nuit douce et bleue, la chaleur de l'été n'était plus qu'un souvenir. Restait le vent qui balaie ce haut plateau pareil à un navire de terre et de pierre et d'oliviers fendant la haute mer. Quand Kelly s'est mise à chanter, tous les gens se sont rassemblés en cercle autour d'elle et de ses amis musiciens. Un contrebassiste et un guitariste. Déjà, par son attitude, sa manière de bouger, sa vivacité de flamme,ou de liane, à vous de voir, Kelly a capté les regards puis sa voix d'une pureté de neige a fait le reste, imbriquée dans la musique, instrument humain incarné par cette femme venue d'Indiana, USA et qui a chanté à Austin, Texas, la capitale du style tex-mex d'où viennent les meilleurs musicos des States. Enfin, une partie des meilleurs. A Austin, dans les cafés, on  s'assied et on ne peut plus partir quand les riffs des guitares et les voix se libèrent. C'était le même sentiment que l'on éprouvait ce dimanche, alors que les pièces tombaient dans le chapeau de ces musiciens des rues, poètes de la vie. Kelly Neuerschwander, Eki Hoffman (contrebasse) et José Rulo Traldi (guitare) seraient les trois mousquetaires du groupe Kelly & The Jam Factory. Le quatrième larron étant un petit chien vêtu d'un tee-shirt bariolé et portant un collier marqué du signe de la paix. Il tournait autour des artistes, attendait que Kelly lui jette un coup d'oeil entre deux mélodies balancées à un rythme de locomotive, puis allait voir si le public appréciait. Le répertoire de Kelly et de ses copains est assez long que pour tenir plusieurs sets, de la fin de l'après-midi au seuil de la nuit. Elle passe de Stand By Me à Que Sera Sera et Hit The Road Jack, surfe sur le blues, jongle avec les notes de la guitare de José et la basse d'Eki, monte en régime, finit par emmener toute l'assemblée dans une sorte de transe où les gens imitent des aboiements de chien, des cris d'orfraie, des vivats sauce bamba. Où vivent-ils, ces artistes? D'où viennent-ils? Peu importe, au fond, mais dans la grande tradition des troubadours, ils ont emmené les gens dans leur sarabande et on se disait que les musiciens des rues sont des bienfaiteurs de l'humanité. Alors, on a pensé à ceux qui, en Belgique, à Bruxelles, Charleroi et en d'autres lieux, cassent la froideur des villes. Faut dire qu'à Pilar de La Mola, Formentera, la froideur n'existe pas. C'est un de ces endroits d'un bout du monde qui est un petit monde en soi. Où l'on regarde la mer et le bleu en se laissant porter par le vent. Kelly & The Jam Factory, entendus l'espace d'une heure ou deux un soir par hasard, on ne les oubliera pas. Avant de saluer, la chanteuse a demandé au public de lever les yeux vers le ciel piqueté d'étoiles en pensant à Chico, le chien d'Eki, qui a franchi la rivière des ténèbres. Puis le vent a tout balayé et chacun est rentré chez soi. 

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