semaine 03

Des jeunes, fiers des droits de tous

Zooms curieux par Gabrielle Lefèvre, le 11 décembre 2018

Une lecture émouvante des droits humains par des enfants dans la station de métro Parvis de Saint-Gilles. Photo © Gabrielle Lefèvre

Ils étaient souriants et fiers, dans la station de métro Parvis de Saint-Gilles : des élèves de 6ème primaire des écoles 1-2 de Saint-Gilles ont déclamé, ce 10 décembre, leur vision de la Déclaration universelle des droits humains, illustrée de leur main. Et ce devant les magnifiques céramiques de Françoise Schein, artiste, architecte, urbaniste qui décline ces droits humains en les inscrivant dans des sites des villes du monde entier. Grâce à elle, les murs parlent de nos valeurs, dialoguent avec les habitants, les passagers, les gens pressés, les mères de famille encombrées de landaus et de paquets, les jeunes enfouis sous leur capuche, les sans-abris qui cherchent un peu de chaleur dans les couloirs du métro et un peu d’argent en mendiant aux entrées de banques.

Bruxelloise de naissance, Françoise Schein est citoyenne du monde. En habillant, en 1992, toute la station Parvis de Saint-Gilles, elle place ce lieu de passage et de voyage sous le thème de la dyade (union de deux principes qui se complètent réciproquement) : les frontières européennes et les droits humains.  Elle interpelle les voyageurs avec quelques citations comme ce « Hâte-toi lentement », d’Erasme, et « Je n’évolue pas, je voyage », de Pessoa.

Les enfants de Saint-Gilles avaient sous les yeux la réalité de la vie et dans le cœur la nécessité de la justice sociale basée sur les droits fondamentaux de tous. Ils n’oublieront pas ce moment en regarderont cette station d’une autre manière. Invitons tous les passagers à s’arrêter là.  A contempler le travail de Françoise Schein. A méditer quelques instants sur la signification de la DUDH, plus que jamais nécessaire en ces temps troublés.

Depuis l’Hôtel de Ville de Bruxelles

D’autres jeunes se sont retrouvés l’après-midi de ce 10 décembre dans la splendide salle gothique de l’Hôtel de Ville de Bruxelles, une capitale qui accueille des ressortissants de 184 nationalités différentes, dans un multiculturalisme à peine troublé par nos querelles linguistiques belgo-belges et qui fut ébranlé par les actes terroristes visant les fondements mêmes de notre démocratie basée sur la justice sociale et la reconnaissance des droits humains. Ces jeunes ont interpellé, avec précision, avec pertinence, quelques personnes qui consacrent leur vie à la défense des droits humains : Françoise Tulkens (ex-vice-présidente de la Cour européenne des droits de l’Homme), Birgit Van Hout (représentante régionale pour l’Europe du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme), Alexis Deswaef (président d’honneur de la Ligue belge des droits humains), Philippe Hensmans (directeur d’Amnesty International Belgique), François De Smet (directeur du Centre fédéral Migrations : Myria).

De cet entretien devant une salle comble, il ressort que, même si la situation politique nationale et internationale est fort sombre, même si l’on peut craindre que la DUDH ne soit pas signée aussi facilement aujourd’hui qu’il y a 70 ans au sortir d’une guerre mondiale terrible, elle reste le socle de valeurs qui guident nos démocraties, elle doit être lue et interprétée en fonction des évolutions de nos sociétés. On peut y préciser l’exigence du développement durable afin de sauver la planète. Tous nous pouvons – nous devons – l’appliquer dans notre vie quotidienne, résister au racisme, dénoncer les discriminations, les inégalités, agir ensemble afin que pour les droits de chacun soient les droits de tous. Les enfants, les jeunes qui ont participé à la campagne ont démontré que c’était possible ; les enseignants, les éducateurs qui les ont aidés dans cette démarche ont porté très haut l’honneur et la qualité de leur profession.

Cela a été dit haut et fort du haut du balcon de l’Hôtel de Ville, symbole des libertés communales, coloré du bleu des Nations Unies, devant un sapin porteur de la lumière que nous espérons, au cœur des ténèbres de l’hiver.

 

  • Françoise Schein, artiste des droits humains », de Vincent Cartuyvels. Editions CIVA – Mardaga. 2014.
  • La cérémonie à l’Hôtel de Ville de Bruxelles fut le point final de la vaste campagne lancée par l’Association pour les Nations Unies, présidée par Pierre Galand, à l’occasion des 70 ans de la DUDH. Vous trouverez les œuvres réalisées par les centaines d’enfants et de jeunes d’écoles et d’organisations de jeunesse de Wallonie et de Bruxelles sur le site  http://70ansdudh.be/
  • Un excellent outil pédagogique : « Changer le monde », « Une introduction aux droits de l’Homme », une publication du Bureau régional européen des Nations Unies à l’occasion des 70 ans de la DUDH. On y décrypte avec clarté les principes des droits fondamentaux, leur universalité, leur caractère contraignant et moral, leurs déclinaisons dans les conventions et traités et pactes internationaux. On y expose aussi les difficultés et parfois même les persécutions subies par les défenseurs des droits humains dans certaines régions du monde : preuve que plus que jamais cette DUDH de 70 ans est d’une brûlante et parfois tragique actualité.  Disponible : UN OHCHR Office in Brussels. Rue Montoyer 14. 1000 Brussels, Belgium. Phone: +32(0)2-2740170. Email: brussels@ohchr.org. Facebook: http://www.facebook.com/europeohchr

 

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