semaine 40

Galaxies de jeunes et de vieux pour changer le monde

Zooms curieux par Gabrielle Lefèvre, le 15 août 2020

L'esprit de rébellion souffle toujours sur Notre-Dame-des Landes.

Sous le soleil brûlant de juillet et d’août, les esprits s’échauffent parfois bien mal à propos et certains occupent la scène médiatique et celle des réseaux sociaux avec de pénibles controverses (foulard et féminisme, souverainisme et front populaire réac ou pas…). Heureusement, d’autres débats et dialogues ont lieu qui élèvent le niveau et rapprochent les esprits des jeunes et des vieux.

La prétendue guerre des générations n’a pas lieu, heureusement. Il y a plutôt une belle alliance entre ces beaux esprits octogénaires et nonagénaires comme Edgar Morin, Jean Ziegler, Régis Debray presqu’octogénaire puisqu’il a 79 ans), Noam Chomsky, Bernie Sanders, etc., qui publient livres et articles décapants, argumentés, structurés nous invitant à changer ce monde. « Changeons de voie », nous dit Edgar Morin, « Le capitalisme tue mais il n’est pas invincible », martèle Jean Ziegler, Régis Debray secoue la pensée écologiste avec son savoureux et brillant « Le siècle Vert. Un changement de civilisation ».

Et pendant que nous lisons tout cela, confinement des vieux oblige, des jeunes organisent avec masques et désinfectants des festivals de l’ère Covid-19 où ils exposent leur volonté de changer le monde ; non pas en faisant table rase du passé mais en se greffant sur les vieux arbres des luttes d’avant dont beaucoup se poursuivent encore aujourd’hui.

Ainsi, les « Passeurs d’humanité » ont débattu les 18 et 19 juillet 2020 à grand renfort de philosophie et d’histoire sur la manière de rendre notre monde vivable « à travers des biens communs, des passages et des partages » tout en ornant d’art et d’espoir la gare de Saint-Delmas de Tende. Rappelons que ces passeurs d’humanité se mobilisent pour assurer la sauvegarde des migrants, ils ne veulent pas que la solidarité, l’hospitalité, la fraternité deviennent des délits.

Le deuxième festival aura lieu du 24 au 28 août au lieu devenu mythique des rébellions actuelles contre le mode de vie anti-écologique : Notre-Dame-des Landes

« Mais les temps changent et le vent tourne », disent les rebelles. « Partout sur la planète gronde un courant d'air vif. Il insuffle espoir, amitié et solidarité entre les sacrifié.e.s, qui n'acceptent plus qu'on les prive de leur existence. Une bouffée d'oxygène entre gaz lacrymos et gaz à effets de serre pour celles et ceux qui veulent tout changer. Tout n'est pas précipitation, mais tout le monde se retrouve dans la cohérence de l'urgence, les jeunes se projettent dans l'avenir, d'autres se préparent depuis longtemps. On s'organise, des courants convergent, des horizons s'ouvrent, on reprend haleine. Les poumons remplis du désir d'une autre vie, d'espaces d'autonomies, d'humanité partagée, soufflons sur les braises encore et encore ! »

Ces jeunes et moins jeunes parlerons évidemment du mode de vie occidental à rénover mais aussi des relations internationales et des luttes comme celles du peuple palestinien, chilien, celle du Chiapas au Mexique, celle des jeunes de Hong Kong, de l’Equateur… On parlera d’autodéfense collective face aux violences policières, d’écologie sociale et de municipalisme libertaire, d’univers transversal, d’actions féministes, etc.

Bref cela ressemble à notre « festival des Libertés » organisé par Bruxelles laïque et qui rassemble les jeunes et moins jeunes autour d’un même objectif : recréer un monde solidaire, tel que le dessinent nos vieux penseurs à l’esprit toujours jeune.

Voilà de quoi amasser quelques munitions de solidarité pour affronter une rentrée sociale et politique qui ne sera pas aisée !

https://www.liberation.fr/chroniques/2020/06/16/edgar-morin-ouvre-la-voie_1791457

https://www.solidaire.org/articles/jean-ziegler-le-capitalisme-tue-mais-il-n-est-pas-invincible?fbclid=IwAR3E8lIRJxoVK9y7qOol2xLwpjWTPig0MsOwPyQVtpjgEGYSdSKJZa8TSpY#.Xy06_mxFVAU.facebook

 

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