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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Venezuela, entre chavisme et néolibéralisme

Zooms curieux par Gabrielle Lefèvre, le 29 juillet 2017

Le président Maduro lors d’un meeting en août 2016, exhortant la foule à ne plus jamais redevenir « esclave de l’empire yankee ». Photo © Ministère de la Communication du Venezuela

D’un côté la révolution bolivarienne initiée par Hugo Chavez et poursuivie par Nicolas Maduro, président du Venezuela, soutenu par les agriculteurs, les pauvres des villes, les militaires, soit la majorité de la population. De l’autre, des bourgeois, des entrepreneurs, des grandes firmes multinationales, des intellectuels, des magistrats soutenus par les Etats-Unis. Ceux-ci veulent à tout prix vaincre le front de gauche qui s’était développé en Amérique latine après les grandes dictatures anticommunistes du Chili, de l’Argentine, notamment.

Si les intérêts économiques et politiques étatsuniens sont restés les mêmes qu’en 1973, année du coup d’état militaire du général Pinochet contre Salvador Allende, figure respectée d’une gauche démocratique qui inspire encore et toujours les progressistes et altermondialistes du monde entier, on ne peut affirmer que l’opposition au président Maduro est entièrement à la solde des Etats-Unis. Le problème fondamental du Venezuela est d’avoir vécu largement de la rente pétrolière, ce qui avait permit à Hugo Chavez d’aider une grande partie de la population pauvre de sortir de la misère, de construire des logements décents, d’assurer un réseau scolaire et des soins de santé pour tous. Le pays est devenu un exemple pour tous ceux qui veulent rétablir la justice sociale, lutter contre l’économie néolibérale mondialisée et moderniser les institutions par la voie démocratique. Ainsi, d’après la Commission pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepal), la pauvreté est passée de 48.6 % en 2002 à 32.1 % en 2013. Elle augmente depuis à un rythme annuel de 2 % à 5 % en raison de la crise économique et politique

La chute des prix du pétrole a précipité le gouvernement Maduro dans une lente descente aux enfers. L’inflation galopante, le manque de nourriture, de médicaments, de produits de consommation courants désespère la population, même celle qui soutenait le chavisme. L’opposition de droite s’est engouffrée dans cette brèche socio-économique, non pas pour proposer un système économique plus juste mais pour conquérir le pouvoir, déjà assuré au sein du parlement où elle est majoritaire.

Pour empêcher cela, le président Maduro a initié un projet de constituante qui renforcerait la présence des agriculteurs, des populations plus démunies, au sein d’un parlement reconstitué. Ce parlement voterait des lois imposant notamment une plus juste répartition des richesses, taxant ainsi les plus riches et les grandes sociétés monopolistiques. Inacceptable pour le dogme néolibéral, ce qui a poussé le président US Donald Trump, le 17 juillet, à menacer le président Maduro de « mesures économiques fortes et rapides» s’il ne retirait pas son projet de constituante dont l’élection doit avoir ce 30 juillet.

L’opposition à Maduro a redoublé de force et les manifestations de violence anti-chavistes et contre Maduro ont provoqué des ripostes parfois désastreuses par les forces de l’ordre. Ce qui est dénoncé par Amnesty International. Le président Maduro maintient envers et contre tout son projet d’élection d’une constituante, seule solution démocratique permettant de sauver son gouvernement, qualifié de « dictature » par l’opposition. Pendant ce temps, des centaines de milliers de Vénézuéliens quittent le pays, espérant trouver des moyens de subsistance dans les pays voisins et notamment la Colombie qui soutient ouvertement l’opposition.

Parallèlement, la bataille information/désinformation se poursuit. Une vidéo a fait le buzz : celle où le directeur de la CIA admet qu’il travaille avec la Colombie et le Mexique pour renverser la révolution bolivarienne.

Un air – tragique- de déjà vu dans l’histoire de l’Amérique latine.

http://reseauinternational.net/venezuela-le-directeur-de-la-cia-admet-quil-travaille-avec-la-colombie-et-le-mexique-pour-renverser-la-revolution-bolivarienne/

Recommandé : https://www.monde-diplomatique.fr/2016/07/RAMIREZ/55963

http://www.contretemps.eu/venezuela-crise-classes-populaires/
 

 

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