semaine 40
Portrait de Robert Lemaire
A PA PEUR

La Vérité des mots de la liberté d'expression

Le 06 septembre 2020

Une page blanche ne sera jamais qu'une page blanche !... et une tache blanche sur une page blanche ?...ça ne sera jamais qu'une absence de couleur qui pourrait être, si on décidait de ratiociner, une absence de tache, laquelle aurait pu salir la page blanche si elle avait été colorée, ce qui nous aurait permis de dire : Tiens, il y a une tache !

Ça ne nous avance pas beaucoup dans la recherche de la Vérité, celle qui est presque toujours cachée, celle qui est difficile à trouver, et même celle qu'on ne trouve jamais...Alors, comme dit le prophète : tu creuses, tu creuses, c'est tout ce que tu sais faire !

Cependant : Oui !...je l'affirme haut et fort, on recherche tous la Vérité même si la plupart du temps, on fait semblant de ne pas s'en préoccuper...alors à force de fermer les paupières, à force de boucler notre conscience à double tour c'est, qu'on cherche sans le vouloir vraiment, pour se sentir vivre, subir et faire ressentir aux autres, le choc du retour de manivelle !!!

Donc, Oui ! C'est certain et évident, comment le nier, tous, autant que nous sommes : nous cherchons à savoir le comment du pourquoi du comment. Que ce soit en Oural, en Europe de l'est ou en Papouasie du sud.

Je ne vais pas dire « Hélas, la Vérité n'est pas toujours bonne à dire », mais je peux le penser, et personne ne le saura jamais...mais alors pourquoi ne pas le dire ? Sans doute parce que c'est la Vérité...

En ce siècle de basculement, dire tout ce qui nous passe par la tête devient une sorte de catharsis qui frappe la quasi totalité des personnes qui possèdent une tablette ou qui se branchent sur Skype ou encore qui utilisent les réseaux sociaux, ces aberrations flacheboukiénnes, ces twitterladirlaladu, et puis les autres sites que je ne connais pas et dont je me contrefiche.

La grandiloquence nous tient par où elle peut et elle nous oblige à laisser des messages au su et au vu de tous, qui nous font peut-être apparaître aux yeux des autres (et peut-être aussi aux nôtres) comme de grands philosophes encore inconnus qui vont identifiés les problèmes existentiels pas encore résolus.

La vérité est qu'il nous faut à toute force dire la Vérité. Clamer la Vérité ! L'afficher sur tous les murs, sur tous les sites, sur tous les panneaux géants des autoroutes, l'inscrire en projection hologrammoïdiennes dans le ciel nocturne ou en projection supra-géantes sur les nuages, les merveilleux nuages.

Sans quoi, on n'aura de cesse, de la traquer partout où on croyait la trouver, dans les volcans éteints, dans les culs de basse-fosses, dans les villes englouties par un cataclysme antédiluvien !

C'est notre lot à nous, nous les hominidés : on fouille partout, on remue la caillasse et on dégage des milliers de tonnes de sable, de boues et de pierrailles dans lesquelles on espère débusquer les pépites, celles de la Vérité, celles de la parole perdue, tue depuis le début des temps...et si on ne trouve rien, rien qui soit susceptible de nous faire croire que c'est bien celle-là qu'on cherche, on ira farfouiller dans le tonneau des Danaïdes, parce qu'on n'a pas peur de ne jamais s'arrêter !...on ira remuer jusqu'au fond des abysses estimées insondables pour tenter de faire remonter à la surface ce qui y était enfoui, quitte à faire remonter aussi toute la merde, toutes les déjections, tout ce qui ne servira jamais plus, tout ce qui est transformé en plomb, tout ce qui n'est plus exprimable après avoir entendu, écouté attentivement tout ce qu'ont exprimés des milliers de millions d'hommes et de femmes, d'enfants et de vieillards... ( et même par exemple, toutes les platitudes qui ont pu être prononcées sur flache-boucle !) ... et n'oublions pas de répertorier les rancœurs que vomissent les gisants sur leur lit d’hôpital lorsqu'ils (ou elles) sentent que le moment est venu de quitter pour toujours la grande famille des laissés pour compte; sans doute pour faire croire aux derniers visiteurs qu'ils entendront peut-être une parcelle de la Vérité, afin qu'il sachent ces abrutis d'oncles et de tantes et de nièces et de neveux, de fils et de filles et de petits-fils et d'arrières petites-filles, qu'ils et elles vont devoir se débrouiller avec ça!... mais d'abord, il faut se préparer à mettre en lumière cet ultime bafouillage, se préparer à l'éructer, à racler soigneusement les parois en y mêlant les dernières méchancetés qui pourraient rester accrochées au fond la gorge, et puis, et puis et puis, sans avoir peur des regards étonnés ou horrifiés parfois, s'appliquer à susurrer ces histoires à ne pas raconter aux petits enfants, quitte à inventer des mensonges pour être sûr que ça va aller là où ça fait mal, jeter le doute dans la foi, ou viser en plein cœur.....

Tout doit sortir, tout doit être étaler sur la place, au su et au vu de tous, aux simples d'esprits comme aux retardés mentaux, et même aux trisomiques, et aussi à ceux qui ne savent plus s'ils existent ou s'ils font un mauvais rêve ! Tous, sans exception doivent être au courant, afin qu'ils sachent qu'on ne peut laisser la Vérité se défiler, fut-elle mauvaise à dire. N'ayons pas peur non plus de dire deux fois la même chose, tout en la racontant différemment, pour faire le poids si on trouve qu'au fond tout ça est un peu trop léger... C'est qu'on sait que la Critique va s'en donner à cœur joie pour démolir des affirmations aussi délirantes, déterrées je ne sais où, par je ne sais qui, ces critiques qui s'en lèchent déjà les babines de pouvoir réfuter des sentences si dogmatiques qu'on ne devrait que s'incliner devant la hauteur de leur bassesse !

À force de les entendre, on finit par les écouter et à les croire ! Mais on entendra aussi, en écho, immédiatement, les propos acerbes des crédibles critiques pour contrer les affirmations insensées de ceux qui se vantent de détenir une parcelle de ce qu'ils croient être leur Vérité. Et pourquoi cette vérité là serait-elle moins valable ce celle d'un autre, que celle de ceux qui ont des moyens intellectuels plus raffinés, ceux-là même qui détiennent de par leur condition, le pouvoir d'apporter les preuves que leur Vérité est meilleure que n'importe quelle autre ?

Ces arguments pesés cent fois et totalement justifiés sont, dans la plupart des cas, ceux qui visent à détruire l'opinion de l'Autre ! Majestueux, ils prennent leurs envols et atteignent une altitude à hauteur d'une ionosphère inaccessible au bas-monde de l'interlocuteur lambda ébahi, stupéfait que de tels mots, que de telles tournures de phrases et figures de rhétorique existent ! Non, il ne s'attendait pas à ça, celui-la même qui avait signifié et jeté à la face d'un public attentif, prêt à avaler n'importe quoi, ses simples mots à lui, qui auraient du avoir une portée et un impact bien plus fort que ceux qu'il était en train de recevoir en pleine gueule.

Alors, les épaules basses, il ne lui restera plus qu'à la fermer, qu'à se taire définitivement puisque cette critique là ne lui a pas laissé une once d'échappatoire, ni quelques microns de possibilités afin de pouvoir répondre aux sarcasmes... On ne lui a même pas laissé quelques secondes, le temps de se concentrer afin de former une réponse cinglante qui aurait pu atténuer la morsure acide de la vindicte de ce « on », ce formidable adversaire, pour essayer d'entrer dans la polémique, et réfuter, pour sauver son honneur, (avec mauvaise foi certes), les allégations critiques qui rendaient obsolètes son propre raisonnement jugé fallacieux...

Parce que, maintenant, notre homme le voit bien, il a perdu la partie, il le ressent jusque dans ses tripes qui se nouent et se tordent en douleurs incontrôlables...et tandis que l'amertume le saisit et que sa gorge se noue, alors que celui qui est en train de l'assommer, sait qu'il est déja vainqueur, le naïf chercheur de Vérité n'envisage plus, après cette cuisante défaite, qu'acheter un Glock17 pour se tirer une balle dans la tempe ou une corde de chanvre solide pour aller se faire pendre ailleurs.

Oui, il faut bien le constater, la Vérité nous échappe toujours et, toujours, nous repartirons à sa recherche !... c'est que nous pensons toujours : sapristi, elle ne doit pas être aller très loin, on était si près du but au moment, juste au dernier moment, où,à l'instant même où on la saisissait, elle s'est esquivée en un éclair  !!!

Aaah, nom d'une brouette de purin ! Quelle guigne ! Elle était vachement proche cette fichue Vérité si bonne à dire quand c'est la vraie, quand on sait que c'est la Vérité toute nue, la Vérité inéluctable, la Vérité transcendantale, le Graal, le trésor du coffre aux trésors, ce fameux diamant brut de 666 carats, la Vérité inestimable, celle dont la question et la réponse sont fournies avec la garantie et le mode d'emploi, la Vérité qui ne sait plus quoi faire quand elle est démasquée et qui sourit sottement après qu'on lui ait enlevé toutes les embrouillaminis qui la recouvrent, ceux que disent les sentencieux, les arbitraires, les nostalgiques des grandes épopées fascistes...

Alors on se dit que ce sera pour la prochaine fois, on se jure mordicus qu'on préparera un peu mieux l'expédition et qu'on fera de plus amples provisions en cas de pépins...

Maintenant, on est sur de la découvrir, on prendra son temps...

mais c'est certain, ce sera pour une autre fois ..... a pa peur !

 

 

 

Image: 
affichée sur la vitre d'un rez de chaussée à Namur

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