semaine 47

Entre un certain temps et un temps certain

Edito par Jean Rebuffat, le 19 novembre 2021

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Certes, porter un masque n'est pas spécialement confortable. Faire une sieste dans un train non plus. Photo © Jean Rebuffat

Ainsi donc, la pandémie repart. Avec un virus très contagieux, qui aime les conditions automnales et ce qu’elles supposent de mode de vie, cela n’aurait rien d’étonnant si entre-temps la vaccination, dans les pays ouest-européens, n’avait pas atteint et même dépassé les objectifs initiaux supposés nous conférer une immunité collective hélas jusqu’ici chimérique.

C’est long. En effet: deux ans. Dans l’histoire, cependant, les pandémies ont souvent duré plus longtemps. L’époque est impatiente et ne perçoit pas combien, au contraire, les choses vont vite. Il n’a pas fallu un an pour trouver une première parade vaccinale. La puissance de calcul de nos ordinateurs et l’intelligence de dizaines de milliers de chercheurs, additionnées au dévouement du personnel soignant, a limité les dégâts dans des proportions qu’on ne mesure pas correctement. Mais cette maladie est neuve et il est absolument normal qu’on la découvre au fur et à mesure. On procède par essais et par erreurs? Vrai. Mais comment faire autrement? On a donc tout le temps l’air de naviguer à vue et de prendre des mesures contradictoires qui font penser à la procession d’Echternach? Vrai. Seule une idéologie totalitaire, en ce compris la plupart des religions, propose le simplisme de décisions que d’aucuns espèrent, particulièrement ceux qui crient sans cesse au viol de leurs libertés, sans comprendre que des entorses ne sont pas une fracture, et encore moins une amputation.

En réalité, l’humanité ferait bien de tirer de ce drame planétaire, qui ne résout pas les autres et les complique, une leçon de modestie, lui rappelant que nous sommes fragiles, que nous sommes éphémères, bref que nous sommes à la fois puissants et misérables, au lieu de nous lamenter sur les incohérences des procédés ou des mesures et de nous sentir soulagés ou indignés selon que pour une raison ou une autre, économique ou non d’ailleurs, la règle nous épargne ou nous concerne?

Le vaccin ne suffit pas? Tant pis. La pandémie redémarre? Luttons. Les mesures nous agacent? Songeons que cahin-caha, elles ont fait leurs preuves. Le masque nous étouffe? Le tuyau du respirateur est moins confortable. On ne sait pas jusqu’à quand tout cela va durer? Vrai. Mais rappelons-nous qu’entre un certain temps et un temps certain, ce n’est que l’inversion des mots qui différencie le mauvais moment de la durée et qu’il est sage de renoncer à des calendriers précis.

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