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En collaboration avec les Presses Universitaires de Bruxelles

Le Coeur, Zigounette et Foufoune, trio infernal

Pasta par Michel Noirret, le 24 janvier 2018

Pourtant on pourrait penser que ces trois-là devraient être le lieu de la reconnaissance mutuelle, de la jouissance et toutes ces sortes de choses qui font le plaisir que l’humanité, ce monde de brutes, peut s’offrir, de sa seule et unique volonté.

Comme chacun sait, il n’en est rien.

J’ai écrit sur ce thème une chanson (en vente dans toutes les bonnes pharmacies) « L’amour, ça rend con ». Il y est tout de même précisé que « l’amour, ça rend con,  mais c’est bon ». Tellement bon d’ailleurs  que c’est bien pour ça qu’on n’est pas sorti de l’auberge, de la chambre à coucher, des armoires, des balcons en hiver, (tout.e nu.e) de l’hôtel de passe, des instances de divorce, des cours d’assises, etc.

Jusqu’à présent, le centre du conflit se situe, la littérature en fait grand cas, les pouètes classiques également, dans l’espace hétérosexuel. Dans l’espace homosexuel, l’information manque, mais l’humain étant ce qu’il est, on peut supposer que ce ne doit pas être non plus un long fleuve tranquille. Y a-t-il des abuseurs, des abuseuses, des violeurs, des violeuses, des importuns, des importunes dans cette famille d’humains ? Entre Les Lignes devrait lancer une enquête. On la confierait à Benjamin Maréchal, de manière à ce que la rigolade ne soit pas absente, tout en maintenant une hauteur  de vue, une qualité d’information puisée aux meilleures sources des caniveaux.

On aurait pu penser que la messe était dite après  la dénonciation des canailleries de quelques crapules du bitonio qui crache, Tarik Ramadan, Harvey Weinstein et d’autres. La campagne « Balance ton porc », et « Me too »…

Là, je ne peux empêcher la nostalgie de m’assaillir : jeune pensionnaire d’un établissement scolaire à Valence (Drôme) nous avions un pion que la potâcherie malveillante, comme il se doit, avait surnommé « Mitou ». Pourquoi « Mitou » ? Parce qu’il était petit. Et s’il était petit c’est que son père n’avait pas « mis tout ».

- Aaaah ! la jeunesse savait rire en ce temps-là, monsieur.

Donc, ces dernières semaines on s’est bien étripé, verbalement du moins, au nom de l’amour et du sexe qui est son moteur à échappement libre. Certes, on dira que les agissements d’un Weinstein ou d’un Ramadan, les uns avérés, les autres en cours de vérification, mais on a plus beaucoup de nouvelles, relèvent plus de la criminalistique que de l’amouristique.

 

Toutefois, est-on bien sûr que le sexe et l’amour font partie du même ménage ? Ne serait-il pas plus prudent, plus reposant pour la paix des amoureux qu’ils fassent chambre à part ? Sauf pour la bête à deux dos, naturellement.

Côté mâle, j’ai une théorie selon laquelle les amants de nos femmes font le bonheur de nos ménages.

En effet, madame rentrant de chez son amant est généralement de bonne humeur (si ce n’est pas le cas, il vaut autant qu’elle change d’amant), mais tout de même un peu culpabilisée elle se montre d’une délicieuse gentillesse vis-à-vis de son partenaire de traversin officiel. De plus, elle s’abstient de lui demander d’où il vient. Tout n’est-il pas parfait ? Je pense que la théorie est tout à fait applicable côté féminin : les maîtresses de leurs maris font également le bonheur de leurs ménages.

Quoi de plus encourageant, édifiant, pacifique, que le bonheur ?

Et qu’on arrête un peu de rire des maris ou des femmes honteusement trompés, de dire les pires méchancetés des amants ou des maîtresses. Car enfin,  les uns et les unes sont aussi les autres. Oui, je sais à première vue ça a l’air un peu compliqué, mais dans la vraie vie c’est tellement simple.

Bon, je m’égare.

D’une part, il est clair que le féminisme pur et dur ne fait pas dans la dentelle. Mais il est également clair que malheureusement ce n’est pas en faisant dans la dentelle qu’on sort de situations parfaitement iniques.

Le difficile est de savoir quand il faut s’arrêter, sachant que lorsque les intégristes et les idéologues se mêlent de la cause la plus juste fut-elle, ça tourne à la cata.

Les 99 copines de Catherine Deneuve étaient probablement dans cet état d’esprit lorsqu’elles ont publié leur petite bombe : jusqu’où faut-il aller trop loin ?

Et ça a méchamment dérapé dans la connerie intégriste, la bien-pensance, les amalgames et les procès d’intentions.

Cela dit, « Le droit d’importuner » que ces personnes revendiquent est une idée quelque peu maladroite.

Je ne vois pas bien le droit d’enquiquiner ses semblables figurer dans une constitution. Son interdiction y est vaguement prévue (troubles du voisinage, par exemple),  mais quant à en aborder toutes les formes… L’humain est particulièrement créatif en ce domaine. De plus, emmerder ses semblables d’une manière ou d’un autre est une pratique qui remonte à la nuit des temps, n’est toujours pas éradiquée, n’en prend pas le chemin, chacun peut encore aujourd’hui en faire l’expérience. Quand on ne pratique pas soi-même accidentellement ou assidument !

Revenons à ce scandale du fémininement incorrect. Il prend une fulgurante ampleur (« vive l’Ampleur ! » comme disaient les grognards à Waterloo) avec la déclaration de Brigitte Lahaie : « on peut jouir lors d’un viol ».

Étonnant, n’est-il pas ?

Scandaleux ! ignoble ! encouragement aux violeurs ! (comme s’ils attendaient ça pour passer aux actes !) toute une panoplie d’injures et ce, bien entendu, alors qu’on ne connait rien au sujet, mais ON NE PEUT PAS dire ça ! Pourquoi ? Parce que !

Perso, je me suis posé la question de savoir quelle pouvait être la jouissance d’un violeur ? Je vois bien ça comme l’indicible plaisir de faire enfin caca quand on a dû se retenir longtemps. L’avis des spécialistes m’éclairerait.

Mais voilà : Elle avait à la fois tort et raison Brigitte Lahaie. En effet, d’après les spécialistes de ces questions (psychiatres, sexologues) un phénomène ressemblant à la jouissance peut en effet se produire dans ces circonstances, mais c’est une sorte de protection physiologique déclenchée par le corps pour, en quelque sorte, se protéger de l’insupportable (je résume), car un viol est un viol, comme le confirmeront doctement tous les enfonceurs de portes ouvertes.

Mais ce n’est pas fini !

Un zygoto stipendié par le service public et désigné par moi-même chef du FLB (Front de Libération des Beaufs) lance le sujet dans son émission « C’est vous qui le dites ». (Et non pas « C’est moi qui vous le fais dire »)

Je n’ai pas écouté l’émission, mais il me semble que lancer un tel débat, sur lequel le zozo en question n’en savait pas plus que ses auditeurs (d’après les mauvaises langues, c’est chez lui une pratique ordinaire) c’est tout simplement donner à la beauferie ambiante l’occasion de répandre encore et encore plus de conneries, comme si on en manquait ! Mais c’est bon pour l’audimat et la pub qui va avec. Le service public se finance avec la pub. Comme n’importe quel chanteur de variétés.

Je milite depuis des années, sans grand résultat je dois l’avouer, pour qu’enfin la Justice miséreuse de notre pays puisse elle aussi bénéficier de cette manne. Les robes et atours des magistrats, des avocats pourraient être constellés des logos de firmes les plus diverses, ce qui mettrait une ambiance un peu plus réjouissante dans les prétoires. « Ces vingt ans de prison vous sont offerts par Kodak ! » dirait le juge. « Clic, clac ! merci Kodak ! ». (Les moins de vingt ans ne peuvent pas comprendre).

On en est là pour l’instant. Mais grâce à la belle-fille de Woody Allen, le spectacle va reprendre force et vigueur !

Quelle époque formidable !!!

Que le Monstre en Spaghetti Volant vous touche de son appendice nouilleux

Ramen.

 

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