semaine 25

Gilets jaunes et jeunes j'y vais

Edito par Jean Rebuffat, le 25 janvier 2019

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En 2019, le Titanic ne coulerait pas, faute d'iceberg... Sous l'humour et la dérision, l'angoisse. Capture d'écran du site moustique.be

Tandis qu'en République française les gilets jaunes persistent et signent même le dépôt d'une liste électorale pour les élections européennes, en Royaume de Belgique, ce sont les lycéens qui manifestent pour une raison au fond bien plus fondamentale: ils veulent qu'on fasse quelque chose, mais vraiment quelque chose, pour le climat et la planète. Ces manifestations, dont l'ampleur surprend, n'ont pas le même but: les premières s'inscrivent dans l'immédiateté, les secondes dans l'avenir. Mais aucun des deux points de vue n'est négligeable en soi.

Contrairement à une idée reçue, les gilets jaunes ne sont ni des déclassés ni des gens sans travail. Ce sont certes en partie de petits retraités mais beaucoup d'entre eux travaillent, probablement dur et certainement pour pas beaucoup d'argent. La fin de mois est une perspective stressante et systématique car elle tombe douze fois par an tandis que l'autre, dite la fin du monde, est encore lointaine et s'inscrit dans la perspective des générations nées au XXIème siècle ou à la fin du siècle précédent. On comprend qu'elles s'inquiètent et même si on peut les brocarder sur le fait qu'elles ne savent encore rien de la vie économique et qu'elles vident les réfrigérateurs plutôt qu'elles ne les remplissent, il y a une prise de conscience collective qui n'est pas sans rappeler celle de mai 68, sur un tout autre terrain et pour d'autres raisons, bien sûr, mais je parle de la démarche. Mai 68 a été entre autres causé par un effet générationnel.

La vraie question, en termes d'histoire, est de savoir quel avenir se prépare. La seule question qui vaille à long terme, c'est: comment faire pour que cet écart de plus en plus énorme entre la masse des gens et une frange richissime cesse de s'accroître tandis que la planète s'essouffle et n'en peut plus de la cavalerie économique à laquelle l'humanité se livre à rythme accéléré depuis la révolution industrielle?

La question majeure, en termes d'actualité, est de savoir pourquoi, hic et nunc, il y a tant d'argent qui circule et qui ruisselle si mal.

Pensez-vous vraiment que les deux luttes soient incompatibles? Elles divergent politiquement, c'est clair. L'une pousse au populisme, d'extrême-droite principalement mais pas uniquement. L'autre pousse au vote écolo, souvent classé à gauche (ce qui reste à démontrer). Il est assez frappant et à mon sens, assez désespérant que les mouvements qui prônent une réponse globale soient pour l'instant sur le déclin. Et il n'est pas du tout exclu que ces deux mouvements finissent par gouverner ensemble: on a vu plus improbable à côté.

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