semaine 38

Les ingouvernements belges

Edito par Jean Rebuffat, le 14 juin 2019

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Il vaut mieux se trouver à la place Royale qu'à la place du Roi... Photo © Jean Rebuffat

D'exclusives en cordons, la situation politique, en Belgique, en vient à l'inextricable – sauf bien sûr là où elle est en principe la plus compliquée, c'est-à-dire en Région bruxelloise.

Rappelons qu'à Bruxelles, il faut une double majorité, l'une du côté francophone, l'autre du côté néerlandophone. À moins que les Écolos soient encore plus imprévisibles que d'habitude et refusent d'aller au pouvoir avec le PS et Défi, on s'y dirige vers une majorité pareillement constituée accompagnée, côté flamand, d'une tripartite asymétrique, Groen, VLD et one.brussels (SPA). Mais ce n'est pas le seul gouvernement à constituer. Hormis le gouvernement germanophone, il y a le fédéral, le flamand, le wallon et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La logique, dans un pays fédéral, n'est pas de lier les uns aux autres. Un seul parti semble contester cela, le PTB, qui se définit comme un parti national. Un retour vers le passé paradoxal pour un parti d'extrême-gauche qui prône la rupture de façon incantatoire, finissant rapidement par ne plus venir à la table des négociations en avançant que le PS, qui jure bien que non, essaie de le disqualifier parce qu'il ne rêve comme partenaire que du MR. Le PTB ne veut discuter de rien avant qu'on ne soit d'accord sur un préalable, accepter de sortir du carcan européen quant aux déficits publics. Le mieux, peut-être, serait de voir d'abord le contenu d'un éventuel programme; après tout, un changement de cap perceptible vient d'une autre manière de voir les choses plutôt que d'un a priori idéologique.

Le CDH quittant la négociation parce le parti estime que ses maigres chances de survie, à terme, sont dans une cure d'opposition, après avoir été des deux majorités précédentes de la dernière législature où son ancien président avait débranché la prise sans trop se rendre compte que c'était son propre poumon d'acier qu'il coupait, en Wallonie, il ne reste plus beaucoup de scénarios possibles; un gouvernement minoritaire PS-Écolo que l'on peut rêver de voir le PTB soutenir de l'extérieur (en s'abstenant, par exemple); un gouvernement PS-Écolo-MR où les libéraux accepteraient de n'être que l'appoint; un gouvernement PS-MR, nettement moins à gauche que les rêves socialistes proclamés et associant deux partis qui ont perdu des sièges (mais pas sa position de N°1 pour le PS). Restera à associer ce gouvernement-là au bruxellois pour former la coalition dirigeant la Fédération Wallonie-Bruxelles... Bonne chance!

Côté flamand, ce n'est guère plus facile. NVA-Vlaams Belang? Même la NVA a quelque scrupule. Pour Théo Francken, le problème du Belang, ce n'est pas son leader actuel, Tom Van Grieken, mais le chef historique, Filip Dewinter; le premier est fréquentable, le second, non. Bref on sent venir un cordon à géométrie variable. Mais qui servirait d'appoint? Mystère. Ni les démocrates-chrétiens ni les socialistes ni les libéraux ni les écologistes ne semblent compatibles... Goede kans!

Et au fédéral? Ah, sans la NVA, disent en francophonie les quatre mouvances traditionnelles et Défi. Rien sans nous, disent les nationalistes flamands, sinon on aurait un gouvernement minoritaire du côté flamand et on verrait ce qu'on verrait (mais la suédoise n'embarquait qu'un seul parti francophone et sous le gouvernement Di Rupo, le phénomène d'une minorité flamande cependant très importante était déjà observé).

On en est là, c'est-à-dire nulle part. Le Roi consulte. Chaque petite phrase est guettée et sert à alimenter une polémique partisane qui confine à l'infox... Le PS propose une piste: un gouvernement provisoire avec qui veut bien, pour une période d'un an, réglant certaines urgences que la crevaison suédoise a laissées en rade, notamment une loi climat. Encore faudrait-il qu'il ne soit pas minoritaire tout court et pas rien qu'en Flandre... et qu'on sache où l'on pourrait aller après. Un an, c'est court, même en comptant le 29 février 2020. Et 366 jours, c'est moins, nettement moins que le record de 541 jours de la pénultième crise. Durant laquelle il y avait un gouvernement fédéral en affaires courantes mais disposant d'une majorité et des gouvernements régionaux qui fonctionnaient normalement...

Bonne chance Belgique, goede kans België! Plus personne n'a envie de te gouverner. Entre les vous ferez bien sans moi et les oui mais pas avec ceux-là, l'éparpillement actuel et le mille-feuilles institutionnel, il faudra probablement que les Diables rouges gagnent l'Euro 2020 pour en sortir.

 

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Commentaires

Portrait de Olivier MONTULET
Cet article est très tendancieux. On peut avoir une opinion mais il faut rester hanête avec l'opinion d'autrui. Exiger, par exemple, une rupture avec le dictat économique de l'UE (ce qui n'est pas l'Europe)me semble tout à fait légitime. Il est clair que le carcan UE est mortifère car il étouffe toute politiques non conforme à une idéologie très étroite le néolibéralisme (libéralisme économique à la sauce ordolibéralisme allemand)rendant obligatoire le démantèlement de toutes les politiques sociales, des administrations et entreprises publiques au nom d'un mythe a-scientifique. Il est dès lors logique que quand on ne partage pas cette idéologie (ce qui a priori devrait être le cas des socialiste) on se rebiffe. Le PTB ,ne fait que demander au sociale de redevenir un parti de gauche ce qu'il n'est plus, et de loin, depuis les années 80. Encenser l'UE comme étant un exemple de réussite et en particulier de démocratie est une hérésie que seuls les lobotomisé par la propagande, il vrais surabondante et envahissant tous les espaces possibles, du néolibéralisme. L'UE est non un espace de libre pensée mais un espace où ne peut plus être pensé qu'une autre idéologie que cemlle du (néo) libéralisme puisse être légitime. Par ailleurs se font de pessimisme et de mépris qui traverse cet article montre toute la suffisance d'un auteur perché sur ses certitudes, jamais questionnées par lui, et bien sûr qui sont la juste et bonne pensée (naturellement c'est celle des dominants qui n'ont de tout temps eut que mépris pour les pensées qui ébranleraient leurs certitudes bien-pensées mais jamais pensées, parce que les pensé risquerait d'ébranler leurs convictions mais surtout leur pouvoir et leur domination).

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