semaine 42

Comme si de rien n'était

Edito par Jean Rebuffat, le 20 septembre 2019

Image: 

Une vue de la jolie campagne anglaise qui semble immuable, avec des moutons qui broutent parmi les tombes d'un vieux cimetière au détour d'un petit village... Mais avez-vous remarqué comme le sol est sec? Photo © Jean Rebuffat

Il y a quelque chose de troublant à comparer la vie quotidienne et l'état de la planète, au-delà de la formule désormais célèbre fin du mois, fin du monde, qui certes reflète une double réalité assez clairement diagnostiquée, avec une planète qui ne va pas mal qu'écologiquement, mais où les écarts et les injustices se creusent et où nulle idéologie n'ose assurer sans rire des lendemains qui chantent. On a l'impression que la parenthèse estivale fermée, tout continue comme avant, avec de semblables polémiques, d'identiques commémorations et de répétitives manifestations. Au lieu de se donner bonne conscience en désignant les méchants (Trump, Johnson, Bolsonaro, Poutine,...) et de faire mine de tirer les leçons de l'histoire (qui peut encore croire que nulle guère est impossible?), c'est plutôt à l'avenir et au long terme qu'il faut penser. Or c'est une lacune fondamentale dans l'histoire humaine. Entre demain est un autre jour et après moi les mouches, si on ne peut pas dire que l'homo sapiens est totalement imprévoyant, comme espèce, il a de la peine à se projeter au-delà des années qui viennent, ou alors, de façon fantasmée (d'où les inquiétudes qu'un.e quadragénaire peut éprouver pour sa retraite...). Prévoir à trente ans de distance, cela semble long et quand les trente années sont écoulées, en s'exclamant que le temps passe vite, la propension naturelle est de continuer comme avant. C'est ainsi, par exemple, qu'on laisse vieillir les infrastructures jusqu'aux catastrophes, même dans des pays prospères comme l'Allemagne, voire des constructions aussi potentiellement dangereuses que des centrales nucléaires... Le leitmotiv, c'est on verra bien. Eh bien c'est tout vu. Même l'insouciance de la jeunesse s'est dissipée devant la vision de lendemains qui déchantent. Le hic et nunc s'efface devant le demain et partout – et c'est là, à terme, la seule chance de l'humanité. Avez-vous remarqué que dans la science-fiction, les aliens, même quand ils sont agressifs, sont unis entre eux? Ils ne viennent pas d'un pays, mais d'une planète entière.

 

 

Mots-clés

Il semble que vous appréciez cet article

Notre site n'est pas devenu payant! Mais malgré le bénévolat de ses collaborateurs, il coûte de l'argent.

C'est pourquoi, si cet article vous a plu (et même dans le cas inverse), nous faire un micropaiement d'un ou de quelques euros nous aiderait à sauver notre fragile indépendance et à lancer de nouveaux projets.

Merci à vous.

Nous soutenir Don mensuel

Ajouter un commentaire

entreleslignes.be ®2019 design by TWINN